samedi 9 avril 2011

"La Controverse entre Jacques Lacan et Jacques Derrida", par Paul-Eric Langevin (2011)

La Controverse entre Jacques Lacan et Jacques Derrida

Espace Analytique 

Séminaire d'Olivier Douville



  A la fascination du psychanalyste Jacques Lacan pour la philosophie répondait en miroir l’intérêt passionné du philosophe Jacques Derrida pour la psychanalyse. Selon Derrida, Lacan était un « philosophe tellement plus averti que Freud, tellement plus philosophe ». Instance de la lettre pour Lacan, jeu de la dissémination pour Derrida. Ce qui les rapprocha et les divisa fut un débat sur la notion de lettre. Ce fut un affrontement à distance, un conflit postal autour du sujet de la lettre comme graphème ou bien comme envoi postal.
          
  En 1966, René Girard présente Derrida à Lacan aux Etats-Unis. Déjà, dans les années soixante, nombre de philosophes se rapprochent de la psychanalyse et commencent eux-mêmes une analyse : Pontalis, Laplanche, Fédida. Derrida commence à critiquer les thèses de Lacan à partir des idées structuralistes de Lévi-Strauss. Lacan réagit dans « Scilicet ».

  Le séminaire de Lacan sur la lettre volée, paru dans le deuxième tome, « Le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse », est analysé et critiqué par Derrida à la lumière de la théorie de la déconstruction dans son propre séminaire, « le facteur de la vérité », paru dans le recueil « la carte postale, de Socrate à Freud et au-delà ».

  Les deux séminaires sont basés sur la nouvelle d’Edgar Poe, « La lettre volée », dont le titre original est « the Purloined Letter ». Pour Lacan, la nouvelle de Poe est un matériel inespéré venant éclairer la circulation du signifiant. Pour Derrida, les conceptions lacaniennes sont un discours trop « en confiance avec les philosophes » (Hegel, à partir de la lecture de Kojève notamment, Heidegger, Sartre). La déconstruction derridienne, de son côté, affronte les concepts de Foucault, Searles, Levinas ou Ricoeur. Freud, quant à lui, a tenté de s’inscrire dans la continuité de la pensée de Schopenhauer et de celle de Nietzsche. Il a tenté une analyse des raisons profondes de la pulsion de mort et de la pulsion de pouvoir (voir « Pourquoi la guerre ? », échange épistolaire entre Freud et Einstein datant de 1933). 



Résumé de « la lettre volée »

  Résumons la nouvelle d’Edgar Poe, parue en décembre 1844 : dans cette nouvelle, le détective Dupin est informé par le préfet de police de Paris, devant le narrateur, qu'une lettre de la plus haute importance a été volée dans le boudoir royal. La lettre a été dérobée par le ministre D… à un membre de la famille royale sous ses propres yeux et en présence d’un troisième individu. Le ministre, pendant qu’il discutait d’affaires importantes, a posé sur la table tout près de la première lettre une autre très similaire mais sans valeur, puis a profité de la fin de l’entretien pour reprendre non pas la lettre sans importance mais la première, celle qui est compromettante. Le moment précis du vol et le voleur sont connus du policier, mais celui-ci est dans l'incapacité d'accabler le coupable. Malgré des fouilles extrêmement minutieuses effectuées au domicile du voleur, le préfet n'a en effet pas pu retrouver la lettre. Mettre la main sur cette dernière est pourtant d'une grande importance, car son possesseur se retrouve en mesure d'exercer des pressions sur le membre de la famille royale à qui il l'a dérobée. Le préfet en vient donc à demander l'aide de Dupin. Quelques semaines plus tard, Dupin restitue la lettre au préfet. Il explique alors au narrateur comment certains principes simples lui ont permis de retrouver la lettre. Toute une part de l'intrigue s'appuie sur les difficultés à trouver une solution rationnelle à la disparition de la lettre. En dépit de ses certitudes, le préfet n’est pas parvenu à récupérer l'objet. Dupin comprend lui que si celui-ci a échoué, c'est que la lettre volée a volontairement été mise en évidence par le criminel. Loin d'être rangée dans un endroit secret, la lettre est en évidence dans le bureau du coupable. Si elle n'attire pas l'attention c'est qu'elle semble sans valeur, ordinaire.



L’interprétation de Lacan au cours du séminaire sur « la lettre volée » (livre II)

  Dans son Séminaire sur la Lettre volée, Lacan compare les deux vols de la lettre en montrant que le deuxième comporte les trois rôles caractérisant le premier, mais qu'ils sont tenus par des personnages différents : le regard qui ne voit rien (le roi, puis la police), le regard qui voit cet aveuglement et croit que la lettre ne risque rien (la reine, puis le ministre D.), et enfin le regard qui voit les deux autres et comprend que la lettre est disponible pour celui qui voudrait s'en saisir (le ministre D., puis Dupin).

  Pour Lacan, si le membre de la famille royale, qui serait vraisemblablement la reine, laisse bien en évidence la lettre sur la table devant le ministre et le troisième individu, qui semblerait être le roi, c’est précisément « pour que le roi ne remarque pas sa présence ».

  Les personnages de l’intrigue sont les suivants : le roi, la reine et le ministre lors du premier vol ; le préfet, Dupin et le ministre lors du second vol ainsi que le narrateur qui semble jouer le rôle de l’auteur par procuration. Or la lettre joue un rôle essentiel et « révèle à chacun des personnages son propre inconscient », selon Lacan. Pour celui-ci, quand les personnages s’emparent de la lettre, « quelque chose les prend et les entraîne qui domine de beaucoup leurs particularités individuelles ». Il se pose la question de la nature de la lettre, de la nature d’une lettre en général, de la signification qu’elle revêt et à qui elle appartient. Il donne une interprétation du contenu de la lettre compromettante qui est le personnage principal de la nouvelle : sans doute une lettre d’amour ou bien un complot contre la sureté de l’Etat. Le ministre qui la subtilise devient porteur d’un certain ascendant sur la reine et Lacan, en bon lecteur de Hegel, compare les rapports du voleur à sa victime à un rapport entre maître et esclave. C’est à une analyse des jeux de pouvoir que l’on assiste là. La police qui essaie de récupérer la lettre, « comme tous les autres pouvoirs, repose sur une symbolique ». De la même façon que la famille royale, de la même façon que le ministre, membre du gouvernement.

  Lacan nous dit bien à propos du vol de la lettre « qu’il ne peut y avoir quelque chose de caché que dans la dimension de la vérité. (…) Ne peut être caché que ce qui est de l’ordre de la vérité. C’est la vérité qui est cachée, ce n’est pas la lettre ». Or, de même que la lettre possède une vérité qui va passer de main en main, de la reine au ministre, du ministre à Dupin puis de Dupin au préfet, l’analysant possède une vérité qu’il confie au psychanalyste. Lacan compare donc la somme d’argent payée à l’enquêteur avec les honoraires reçus par l’analyste.

  Il y a un travail sur la vérité, celle des désirs, celle des symptômes, celle qui se passe entre la pulsion de vie et la pulsion de mort. Tout comme le voleur lit la vérité dans les attitudes de sa victime, le ministre face à la reine puis Dupin face au ministre, l’analyste lit la vérité ou du moins une vérité dans les paroles de l’analysant, en interprétant ses productions langagières, verbales ou non verbales.

  Le réel s'affirme déjà comme une source fertile pour le psychanalyste : le réel est ce qui revient, sans fissure, ce qui fait retour, par opposition à l'imaginaire et au signifiant qui se déplacent.



La critique de Derrida au cours de son séminaire, « le Facteur de la vérité »

  Dans son séminaire « le Facteur de la Vérité », Derrida reprend l'analyse de Lacan, et la critique en dévoilant sa métaphysique intrinsèquement phallocentrique. Il montre comment Lacan emploie un tel regard limité («politique de l'autruche ») dans son analyse des triangles dramatiques.

  Pour Derrida, Lacan travaille sur la question de la vérité dans son rapport à la fiction. « Habiter la fiction, pour la vérité, est-ce rendre la fiction vraie ou la vérité fictive ? ». Il s’agit aussi d’un travail sur la compulsion de répétition mise en lumière par Freud : les rapports entre les protagonistes se répètent mais ne se ressemblent pas. La lettre passe de main en main comme si la même tragédie se rejouait plusieurs fois mais pas de la même façon. On ne se baigne jamais dans la même eau. Lacan nous explique que « l’automatisme de répétition prend son principe dans ce qu’(il) a appelé l’insistance de la chaîne signifiante. »

  Pour Derrida, ce que Lacan analyse, c’est une histoire. C’est l’histoire du vol d’une lettre et du déplacement d’un signifiant. Tout comme il peut y avoir déplacement dans un rêve, mais aussi déplacement d’un symptôme. Il semble qu’on puisse analyser la nouvelle de Poe selon une lecture littéraire, sur le plan narratif et c’est ce que tente de faire Derrida, mais il y a de plus l’interprétation psychanalytique donnée par Lacan et critiquée par Derrida qui en dégage des concepts. Il met en évidence l’importance du rôle du narrateur dans la nouvelle et de son rapport au procédé narratif. Pour lui, il s’agit de « reconstruire la scène du signifiant en signifié, l’écriture en écrit, le texte en discours, en dialogue intersubjectif ».

  Comme Lacan, Derrida fait des suppositions, tout au moins une interprétation du contenu de la lettre compromettante : « la loi phallique représentée par le roi, et dont la reine a la garde, qu’elle devrait partager avec lui et qu’elle menace précisément de diviser, de dissocier, de trahir ». Pour Lacan, les personnages sont victimes de la lettre, ainsi « à tomber en possession de la lettre, c’est son sens qui les possède ». Derrida voit ici dans les propos de Lacan une influence de Heidegger. Il compare la lettre à un fétiche qui devrait revenir à sa place : cette place, « ce lieu propre connu de Dupin comme du psychanalyste (…) c’est le lieu de la castration, la femme en tant que lieu dévoilé du manque de pénis, en tant que vérité du phallus, c’est-à-dire de la castration ». Derrida rapproche cette analyse d’un de ses concepts essentiels : la dissémination.

  Pour Derrida, « la dissémination menace la loi du signifiant et de la castration comme contrat de vérité ». Il rappelle que Marie Bonaparte a aussi analysé la nouvelle de Poe dans un recueil qu’elle avait consacré à l’auteur de « la lettre volée » mais Lacan ne s’y est pas référé. Pour Bonaparte, la lettre est le phallus perdu de la mère qu’elle cherche à récupérer par l’entremise de la police puis de Dupin. Or, lorsque Dupin met la main sur la lettre, elle se trouve dans un porte-carte situé sous un bouton de métal entre les jambes de la cheminée. Bonaparte dit que la cheminée représente la femme, le bouton de métal le clitoris et la lettre le phallus perdu.

  Apparemment, le fait de posséder la lettre féminise les personnages, d’abord le ministre puis Dupin. Lacan et Derrida identifient Dupin au psychanalyste car c’est celui qui mène l’enquête, qui cherche à comprendre à grand renfort de logique cartésienne et de raisonnement. Pour Derrida, Dupin comme le psychanalyste possèdent « la lucidité de celui qui sait voir ce que personne n’a vu ». Lacan explique ceci : «nous, psychanalystes, nous nous retirons du circuit symbolique et neutralisons la scène dont nous ne sommes pas partie prenante ». Or Derrida répond : «Vous, psychanalystes, vous vous leurrez au moment précis où, comme Dupin, vous vous croyez les maîtres ». 

  Effectivement, Dupin rentre dans le jeu en possédant la lettre, il fait partie du système, il ne peut s’en extraire. Tout comme le psychanalyste prend position malgré la neutralité bienveillante et malgré le silence et l’écoute flottante. On n’observe pas un système sans le modifier ni l’influencer. L’interprétation est une prise de position qui modifie le sujet et le fait évoluer.



La trace :

Du fait que dans la langue il n'y a que des différences, un jeu de différences, et non des termes positifs, qui seraient "pleins", pleinement présents à eux-mêmes, sortes de noyaux stables autonomes, Derrida propose d'appeler "trace" ce qui permet le procès de la signification, à savoir le fait pour un élément de la langue de garder "en lui la marque de l'élément passé" et de se laisser "déjà creuser par la marque de son rapport à l'élément futur".

Illustrant le jeu de la différance, la trace n'est ni l'absence ni la présence : "La trace n'est pas une présence mais le simulacre d'une présence qui se disloque, se déplace, se renvoie, n'a proprement pas lieu, l'effacement appartient à sa structure [...]". Le présent "devient une fonction dans une structure de renvoi généralisé".

Plus généralement, le concept de trace tel que Derrida l'élabore permet de contester d'une certaine façon (déconstruire) l'autorité du présent, de la conscience pleine, du comme tel (auquel la philosophie a toujours cru et sur lequel elle s'est fondée), l'autorité de l'essence, du signifié transcendantal, etc.



Lacan et la linguistique

Le linguiste Georges Mounin affirmait, dans un article ayant fait beaucoup de bruit, que Lacan mésusait des concepts saussuriens, et que son enseignement à l'ENS « ruinait quinze ans d'enseignement » de la linguistique dans cette école. Un autre linguiste, Michel Arrivé, tout en soulignant les différences entre le signe lacanien et le signe saussurien, ne les considère pas comme des distorsions mais comme l'adaptation que nécessite la transposition d'un univers conceptuel à un autre. C'est ainsi que Lacan remodèle le concept saussurien de signifiant pour construire une logique du signifiant originale.

Le linguiste Jean-Claude Milner a émis en 1985 l'hypothèse que Dupin et D... sont frères (hypothèse étayée entre autres par la référence finale de Dupin aux deux frères ennemis de la mythologie grecque, Atrée et Thyeste).



L’interprétation de René Major dans « Lacan et Derrida »

  René Major, psychanalyste d’origine canadienne, est président de la Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse. Il a publié en 2001 une analyse de la controverse dans l’ouvrage « Lacan avec Derrida » aux éditions Flammarion. Dans ce livre, il met dos à dos les notions psychanaly-tiques de l’un et les concepts philosophiques de l’autre.

  Pour lui, « diriger le sujet, passe encore mais le canaliser, l’empêcher de se disperser, pourquoi ? si la dissémination est la règle germinative de la libre association ». Il rappelle que « l’analyse se conduit à la manière d’une science conjecturale obéissant à la logique des indices convergents, qu’il n’en va pas autrement lorsque pour les actes de la vie psychique on exclue généralement le pur hasard ». Il va jusqu’à comparer la scène dramatique de la lettre volée et les rapports entre les différents protagonistes avec la scène, réelle celle-ci, de la naissance et de la construction de la théorie psychanalytique dont les protagonistes sont Freud, Bonaparte, Lacan, Loewenstein et Nacht, entre autres. Effectivement, au cours de l’histoire de la psychanalyse aussi, il y a eu de nombreux échanges de lettres.

Roi    ------------    Reine         Freud  ----------  Bonaparte
            Préfet                                Loewenstein
Ministre  ---------  Dupin         Nacht  ----------     Lacan

  Major fait aussi référence à un travail de Jean-Luc Nancy et Philippe Lacoue-Labarthe, auteurs proches de Derrida qui font une lecture de Lacan à partir d’une destruction du signe saussurien et d’une traduction du logos heideggerien. Il cite aussi Kierkegaard et Wittgenstein, ce dernier ayant contesté les thèses freudiennes sur l’interprétation des rêves. Pour Wittgenstein, « se faire psychanalyser, c’est un peu comme manger de l’arbre de la connaissance, la connaissance ainsi acquise nous pose de nouveaux problèmes éthiques».

  Effectivement, il a raison puisque l’analysant, qui progressivement devient un sujet, se trouve petit à petit face à une responsabilité, celle de son désir. La connaissance qu’il acquiert, aussi bien chez l’analyste que dans la vie, le rend responsable. La mise en lumière de son histoire le rend capable de faire des choix par lui-même.

  Pour Major, Nancy et Lacoue-Labarthe ont montré que le signifiant lacanien n’avait plus rien à voir avec le signifiant saussurien. Cependant, seule la linguistique est à même de définir la topique de l’inconscient et d’en formaliser les processus. Selon Lacan, « le symptôme est une métaphore (…) comme le désir est une métonymie ». Il lit les philosophes à partir d’une lecture de Freud puis passe à la logique et aux mathématiques.

  Major revient aussi sur l’interprétation de Milner, celle de Badiou et cite la controverse entre Derrida et Searle puis Austin. On peut se reporter aussi aux travaux de Stephen Melville sur la psychanalyse et la déconstruction ainsi qu’à ceux de Sarah Kofman qui a écrit sur Derrida dans « Lectures de Derrida » mais aussi sur Nietzsche.

  René Major compare la psychanalyse et la déconstruction ainsi : «  ce qu’elles ont en commun, c’est d’être fondamentalement et de part en part des épreuves de traduction et d’intraduisible, donc de transferts, de greffes, de déplacements (…) ». Elisabeth Roudinesco, elle, parle d’une école déridienne de la psychanalyse. On pourra aussi lire « Freud et la scène de l’écriture » de Derrida dans le recueil « l’écriture et la différence ».   


                                                                           
Paul-Eric Langevin



Jacques Lacan



Bibliographie

-« The purloined letter » (la lettre volée), nouvelle d’Edgar Allan Poe dans le recueil « Histoires Extraordinaires »
-« Atrée et Thyeste », tragédie en cinq actes de Crébillon père, référence : http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&O=NUMM-88079
-« Séminaire sur la lettre volée », de Jacques Lacan dans le Séminaire livre II, « le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse »
-« Le Facteur de la vérité », séminaire de Jacques Derrida dans le recueil « la carte postale, de Socrate à Freud et au-delà »
-« Freud et la scène de l’écriture » de Jacques Derrida, dans « L’écriture et la différence »
-Lecture du « Verbier de l’Homme aux loups » de Nicolas Abraham et Maria Torok par Jacques Lacan et Jacques Derrida
-« Lacan avec Derrida » de René Major, ed. Champs Flammarion
-« Limites de la psychanalyse, Lacan ou Derrida » de Marcelo Pasternac, ed. l’Harmattan
-« Derrida lecteur de Freud et de Lacan », article de René Major
-« Pour l’amour de Lacan », article d’Evelyne Grossman dans le Magazine Littéraire, numéro sur Jacques Derrida
-« De quoi demain… », dialogue entre Jacques Derrida et Elisabeth Roudinesco, (Dernier chapitre : « Eloge de la psychanalyse »)



Filmographie

-« Jacques Lacan, la psychanalyse réinventée » d’Elisabeth Kapnist et Elisabeth Roudinesco (contenant une interview de Jacques Derrida), 2001
-« Quartier Lacan » d’Emile Weiss,2001 (retranscrit dans un recueil du même titre)
-« D’ailleurs Derrida » de Safaa Fathy, 2000
-« Derrida Derrida » de Kirby Dick et Amy Ziering Kofman, 2002

Jacques Derrida

jeudi 7 avril 2011

"Analyse des verbes désadjectivaux" (2/2) (2011)

Proposition de classement des verbes désadjectivaux

Fabien Andreani, Maiol Gispert Garreta et Paul-Eric Langevin



La présente étude se propose d’établir un classement des verbes désadjectivaux. Pour cela nous aborderons dans l’ordre :

- I. Définition de l’objet d’étude
- II. Modes de formation
- III. Critères de classement : analyse morphologique, sémantique et situationnelle
- IV. Conclusion



I. Définition de l’objet d’étude

Les verbes désadjectivaux sont des verbes dérivés d’une base adjectivale. Par exemple, « allonger » qui dérive de « long ». On remarque ainsi que certains verbes déjà connus peuvent être classés dans cette catégorie. En vue de former un corpus approprié à cette étude, deux voies été privilégiées : la consultation d’une ressource majeure, le Trésor de La Langue Française Informatisée (ATILF) à partir duquel nous avons extrait la liste de verbes figurant dans le corpus ainsi que leur(s) définition(s). Leur sélection s’est faite avec des critères de variation morphologique et sémantique. Pour les exemples, nous en avons créés pour tester les alternances et nous avons cherché sur ATILF et sur Google. Parallèlement, nous avons aussi soumis certains adjectifs de notre vocabulaire à une telle dérivation afin de voir s’ils pouvaient former des désadjectivaux.



II. Modes de formation :

On a pu remarquer différents procédés de formation verbale à partir d’une base adjectivale. Ont été retenues, dans l’ordre de leur complexité, les combinaisons suivantes :

- Ajout d’un suffixe verbal à une base adjectivale selon le schéma générique suivant : [[Adj] + suffixe verbal]
Exemple : gros -> grossir
- Ajout simultané d’un préfixe et d’un suffixe par parasynthèse:
- [[Pref]+[Adj]+[Suff]]
Exemple : proche -> approcher.
Les préfixes présents dans la liste : a- ; é- ; en-
- Ajout de suffixes verbalisateurs : [Adj]+[Suff – iser, -ifier etc. ]
Exemple : fort - > fortifier
- Dérivation d’un verbe désadjectival : [Préf]+[Verbe désadjectival]
Exemple : sensibiliser -> désensibiliser

Il faut bien distinguer les verbes circonfixés de ceux étant dérivés par préfixation de désadjectivaux déjà suffixés. Une notion importante, le sémantème, défini dans le précis de lexicologie française [Jacqueline Picoche, 1977] comme l’élément désignant les notions relatives à la réalité, est très utile pour cela. Par exemple, du point de vue du verbe : si dégrossir semble être un désadjectival formé par circonfixation, il est en réalité une forme dérivée du sémantème grossir par ajout d’un morphème dé- signifiant le retrait de quelque chose. Dans le cas des verbes circonfixés, nous nous sommes assurés de bien avoir des sémantèmes pleins c’est-à-dire dont la préfixation s’était faite sur la base d’un adjectif pour donner un sémantème et non sur la base d’un autre verbe c’est-à-dire d’un autre sémantème.

On trouve des verbes qui ont une forme très semblable, comme adoucir et radoucir, avec un sens très proche.



III. Critères de classement : analyse sémantique, morphologique et situationnelle

Si l'on observe le mode de formation des verbes désadjectivaux, on peut voir tout de suite que ce procédé concerne différents types de verbes. Parfois, la même base adjectivale peut se combiner avec différents affixes pour donner des verbes avec des sens différents. L'analyse de ces différences sera la base pour proposer un classement motivé des verbes désadjectivaux.

Par exemple, on a repéré que les verbes désadjectivaux simples -sans préfixe ni suffixe verbalisateur-, expriment soit un changement d'état du sujet, avec un emploi intransitif (comme Le mur noircit), soit une relation causative dans un emploi transitif, ou un sujet cause un changement d'état de l'objet: P.ex. La fumée noircit le mur. En revanche il semble que généralement l'ajout d'un préfixe ou d'un suffixe verbalisateur (comme dans allonger, élargir ou relativiser) produise un verbe transitif causatif. Ce fait concorde avec des études antérieures (voir Sagot-Fort 2009).

Si l'interprétation sémantique des verbes désadjectivaux reste stable (inchoative ou causative) devenir x ou rendre x ou plus x, pour les verbes dérivés de noms, même si on utilise les mêmes procédés dérivatifs, le classement reste plus complexe; Sagot et Fort [2009], suivant Willems, citent parmi d’autres les sens de « pourvoir/rendre », comme dans alcooliser, « soumettre/exposer » (expertiser) ou « faire/transformer » (capitaliser).

La stabilité de la relation qui s'établit entre la base adjectivale, exprimant un état et ses verbes dérivés qui expriment un changement d'état (lecture inchoative) où la cause de ce changement (lecture causative) permet d'établir des régularités, citées plus-haut, comme la présence d'un affixe verbalisateur comme marque de causatif, dans des verbes comme adoucir, intensifier, raccourcir. Ou l'existence de verbes désadjectivaux simples en français qui peuvent avoir les deux lectures, avec une construction transitive et une autre intransitive; par exemple rougir dans les phrases Le soleil rougira ces fruits vs Rougir de honte, de pudeur. Dans d'autres langues romanes, comme le catalan, cette alternance s'exprime surtout avec l'ajout du pronom se/es avant le verbe causatif: En Joan va allargar el debat (Jean a éternisé la discussion) vs El debat es va allargar (Le débat s'est éternisé). Il est intéressant de voir comme en français aussi, le pronom se permet une lecture inchoative de verbes causatifs:

L'image s'agrandit/ Jean agrandit l'image/ Jean grandit.

Avec ce cas concret il est intéressant de voir la différence sémantique entre le sujet du verbe inchoatif simple [+ humain] et celui du verbe inchoatif pronominal [-humain] dérivé du verbe causatif. On observe le même comportement en l'alternance mincir/amincir:

Il grandit très vite.
*Léa a grandit Paul.
Max a minci depuis qu'il mange moins.
*Max a minci sa silhouette.

Ce contraste entre verbes inchoatifs simples et pronominaux a été étudie par Labelle [1992], qui fait la distinction entre verbes simples inergatifs (avec un argument Patient sujet) et pronominaux inaccusatifs (avec l'argument Patient objet déplacéen position sujet grammatical).

Quelques exemples de phrases avec des verbes simples à alternance causative:

-Durcir l'acier (par la trempe). / Comme a dit Pierre16, l'acier a durcit[...].
-Il faut lui vieillir le visage./ Le visage a vieilli.
-Grossir une fortune/ [Bill Gates], dont la fortune a grossi au rythme de cette évasion fiscale,[...].

Verbes causatifs simples:

Le coiffeur rase les cheveux de Paul.
*Paul rase à vue d'oeil.
Léa essaie de calmer son amie
*Léa calme en mangeant

-Verbes causatifs dérivés avec affixes verbalisateurs:

Préfixe a-: (et allomorphes) Tout ça affaiblit le corps et l'esprit.
Préfixe en-: Il ne faut pas enlaidir la ville.
Suffixe -ifier: L'armée intensifie les combats. Le roi fortifie la ville.
Suffixe -iser: La société a banalisé la violence.

En relation avec les verbes simples, on pourrait se demander si les désadjectivaux avec la terminaison -er comme raser ou calmer sont toujours causatifs. Et aussi si le fait d'appartenir au même champ sémantique a une relation avec la dérivation verbale des adjectifs ; Par exemple, les adjectifs de couleur qui donnent un verbe en -ir.

On s'est demandé également dans quels types de situations on pourrait classer les verbes désadjectivaux. Pour commencer il faut noter le contraste clair entre la nature statique de la propriété exprimée par la base verbale, « être » long, court, mince, etc., et la nature dynamique des verbes dérivés allonger, raccourcir, mincir. Tous les verbes trouvés expriment des situations dynamiques. On va suivre le classement des situations proposé par Vendler, tel que le présente Saeed [Saeed 2009], et les propositions de Hay et al. pour la télicité des verbes inchoatifs [voir Kearns 2002]; si la propriété exprime une échelle close «close scale », le degré est maximal et le verbe a un sens télique, comme dans « Le mur noircit » où la qualité de noir n'est pas gradable. Il peut être modifié par des mots comme « complètement ». Si la propriété exprimée est gradable mais sur une échelle sans borne maximale, on considère le verbe « atélique » comme dans l'exemple Lea a minci, processus en théorie non borné. * Léa a presque minci.

Le premier type de verbes, téliques, correspond aux « accomplishments » et le deuxième, des atéliques aux « Activities » de Vendler [Saeed 2009, p.124].

Exemples:

« Accomplishments »:
- Rougir: Les écrevisses rougissent en cuisant.
- Concrétiser: L'action aide à concrétiser les idees
- « Activities »
- Grossir: Jean a beaucoup grossi.

Corpus de verbes désadjectivaux classés:

- Clarifier (CAUSATIF) : Rendre clair: Clarifier le vin.
- Eclaircir. v.tr (CAUSATIF TELIQUE/ ATELIQUE Pron. INCHOATIF ATELIQUE) : Rendre clair ou plus clair. Le vent a éclairci le temps, l'horizon.
- Eclairer : le soleil éclaire la terre. Verbe désadjectival très semblable à un verbe dénominal avec le sens de « munir de la clarté » : cette bougie nous éclaire mal. Aussi CAUSATIF: rendre plus intelligible.
- Eterniser (CAUSATIF TELIQUE/ATELIQUE) : Perpétuer, faire durer toujours, ou très longtemps. Éterniser son nom, sa mémoire. Éterniser une discussion, un procès.
- Concrétiser (CAUSATIF TELIQUE) : Rendre concret. Concrétiser son idée dans un projet détaillé.
- Rougir (CAUSATIF/INCHOATIF TELIQUE) : Rendre rouge. Le soleil rougira ces fruits, les écrevisses rougissent en cuisant.
- Accourcir (CAUSATIF / ATELIQUE) : rendre plus court. Accourcir une corde de quelques centimètres
- Raccourcir (CAUSATIF) dans le sens de « rendre plus court » : raccourcir les manches d'une chemise ou INCHOATIF ATELIQUE (moins fréquent) : Cette toile raccourcit beaucoup au blanchissage.
- Adoucir : (CAUSATIF ATELIQUE) : Adoucir l'acide du citron avec du sucre.
- Embellir : (CAUSATIF/INCHOATIF TELIQUE/ATELIQUE) : Rendre beau ou plus beau. Ex : Embellir une maison. Cet enfant embellit.
- Intensifier (CAUSATIF ATELIQUE Pron. INCHOACTIF) : Rendre plus intense. Intensifier l’éclairage. Pronom. : devenir plus intense, plus important. la douleur s’intensifie.
- Insensibiliser (CAUSATIF TELIQUE) : Rendre insensible (à certaines sensations physiques ou à certaines émotions). La grenouille est insensibilisée à la douleur.
- Raffermir (CAUSATIF ATELIQUE) : rendre plus ferme. Massage qui raffermit les chairs. Pronom. INCHOATIF : devenir plus ferme. Pâte qui se raffermit.
- Affoler (CAUSAUTIF/INCHOATIF TELIQUE) : Rendre fou. Il m'a rendu complètement fou. Pronom. : devenir fou, revêtir le caractère de la folie. S’affoler à la vue du danger.
- Assombrir (CAUSATIF TELIQUE/ATELIQUE Pronom. INCHOATIF) : Rendre plus sombre. Cette teinte assombrit la pièce. Devenir plus sombre. Pronom. : le ciel s’assombrit.
- Rapetisser (CAUSATIF/INCHOATIF ATELIQUE) : Rendre plus petit. Son ombre le rapetisse. Devenir plus petit. La taille de cet objet rapetisse.
- Amenuiser (CAUSATIF ATELIQUE Pron. INCHOATIF) : Rendre plus menu. Il a amenuisé sa fortune en léguant de l’argent. Pronom. : Devenir de plus en plus menu. Sa fortune s’amenuise de jours en jours.
- Allonger (CAUSATIF ATELIQUE Pronom. : INCHOATIF) : Rendre plus long. les ouvriers ont allongé la route de plusieurs kilomètres. Pronom. : Devenir plus long : la route s’est allongée de plusieurs kilomètres.
- Eloigner (CAUSATIF ATELIQUE. Pronom. : INCHOATIF) : Rendre plus loin : Eloigner les animaux dangereux. Pronom. : Devenir loin : Il s’éloigne de plus en plus.
- Vivifier (CAUSATIF ATELIQUE) : Rendre plus vif : L’air de la mer le vivifie.
- Elargir (CAUSATIF ATELIQUE Pronom. INCHOATIF) : Rendre plus large : Ils ont élargi le chemin de quelques mètres. Pronom. : Devenir plus large : Sur son versant nord le chemin s’élargit.
- Enjoliver (CAUSATIF TELIQUE Pronom. INCHOATIF) : Rendre plus joli : Les travaux entrepris ont permis d’enjoliver le centre-ville. Devenir plus joli : Elle s’enjolive avec l’âge.
- Calmer (CAUSATIF TELIQUE(rendre calme)/ATELIQUE(diminuer la violence) Pronom. INCHOATIF) : Rendre calme. Le beau temps calme les esprits. Pronom. : Devenir plus calme: Sa mère le trouvait trop énervé ; il s’est calmé.
- Affiner (CAUSATIF TELIQUE/ATELIQUE Pronom. INCHOATIF) : Rendre plus fin : il affine ce bout de bois. Pronom. : Devenir plus fin : A faire du sport, il s’affine.
- Ralentir (CAUSATIF/INCHOATIF ATELIQUE) : Rendre plus lent : il préfère ralentir le rythme. Devenir plus lent : La voiture ralentit.



IV. Conclusion

Pour établir un classement motivé des verbes désadjectivaux, on pourrait distinguer deux critères basiques; d'une part, la nature de la propriété dénotée par la base adjectivale, qui marque le type d'aspect et de situation, avec la distinction télique/atélique. D’autre part, un critère morphologique, référent à la formation du verbe dérivé, qui marque surtout la causativité du verbe et la construction transitive/intransitive ou pronominale. On a pu observer, par exemple, que l'apparition d'affixes verbalisateurs, comme a- ou -iser imposent une construction avec un sujet agent et un objet patient. Si le classement selon la telicité nous semble un sujet très ouvert [voir KEARNS 2002], le contraste causatif/inchoatif nous paraît être un critère très sûr et prédictible.



BIBLIOGRAPHIE:

SAGOT, B ; FORT, K. « Description et analyse des verbes désadjectivaux et dénominaux en -ifier et -iser » Colloque international sur le lexique et la grammaire 4 (2009) 102-109

LABELLE, M. « Change of state and valency ». Journal of Linguistics 28, Nº 2 pp 375-414

SAEED, J.I. « Semantics » 2009

KEARNS, “Telic senses of deadjectival verbs” 2005

RIEGEL, M « Grammaire méthodique du français » Paris, 2005

MATEU, J. : « Lexicologia II. L'estructura semàntica de les unitats lèxiques » dans

ESPINAL, M.T. (coord.): « Semàntica. Del significat del mot al significat de l'oració ». Barcelona, 2002.

TUSÓN, JESÚS (dir.) « Diccionari de linguística » Barcelona, 2000.

PICOCHE, J.: « Précis de Lexicologie française, l'étude et l'enseignement du vocabulaire ». 1977.



RESSOURCES CONSULTEES EN LIGNE :

Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL): www.cnrtl.fr/
Le Trésor de la Langue Française Informatisé (TLFI) : atilf.atilf.fr/tlf.htm

"Analyse des verbes désadjectivaux" (1/2) (2011)

Projet de lexicologie

Les verbes désadjectivaux 

Travail préparatoire

Fabien Andreani, Paul-Eric Langevin et Maiol Gispert Garetta



Corpus

Classes de verbes :

(1)Verbe simple+ -er ou –ir
(2)Verbe simple+ -iser ou –ifier ou –iver
(3)Préfixe + Adjectif + Suffixe
(4)Dérivé de (1)

Rapetisser: Rendre plus petit, faire paraitre plus petit, diminuer la valeur(2)    (petit)
Longer: Suivre un chemin, aller le long et près de quelque chose (1) (long)
Allonger: Rendre plus long, augmenter le volume, donner de l’amplitude(4)   (long)
Rallonger: Augmenter la longueur de quelque chose (4)   (long)         
Approcher: Aller plus près, avancer près de (3)  (proche)
Rapprocher: Placer près de, rendre voisin (4)  (proche)
Grandir: Devenir plus grand, croitre, se développer  (1)  (grand)
Agrandir: Rendre + grand, + étendu, développer, donner de l’ampleur(3)  (grand)
Amenuiser: Rendre plus menu, diminuer l’importance (2)  (menu)
Enjoliver: Rendre plus joli par sa présence ou l’ajout d’un élément (2)  (joli)
Mincir: Devenir plus mince (1)  (mince)
Amincir: Rendre moins épais, moins gros, moins consistant (3)  (mince)
Grossir: Augmenter, accroitre le volume, rendre plus gros (1)  (gros)
Dégrossir: Débarrasser une matière brute de ce qu’elle a de plus gros (4)  (gros)
Affiner: Rendre plus fin, rendre plus mince (3)  (fin)
Raffiner: Rendre plus fin en débarrassant une matière de ses impuretés (4)  (fin)
Elargir: Rendre plus large, plus vaste, plus étendu (3)  (large)
Ecourter: Rendre plus court en longueur, en durée (3)  (court)
Raccourcir: Rendre quelque chose plus court (3)  (court)
Affaiblir: Rendre progressivement plus faible  (4)  (faible)
Renforcer: Rendre fort, rendre plus fort ce qui l’est déjà (4)  (fort)
Eclaircir: Rendre clair, plus clair, net (3)  (clair)
Eclairer: Donner de la clarté, de la lumière à qque chose ou quelqu’un (3)  (clair)
Assombrir: Rendre sombre, grave, triste, soucieux, obscurcir, brouiller (3)  (sombre)
Araser: Mettre à ras, aplanir, couper à une certaine épaisseur (4)  (ras)
Raser: Couper avec un rasoir, mettre à ras, passer très près de qque chose (1)(ras)  
Adoucir: Rendre plus doux, moins rude, moins apre aux sens (4)  (doux)
Doucir: Polir par frottement une surface, débarrasser de sa rugosité (1)  (doux)
Durcir: Rendre dur, consistant, solide, rude, apre aux sens, plus fort (1)  (dur)
Affermir: Rendre plus ferme, consistant, stable, consolider (3)  (ferme)
Raffermir: Rendre + ferme, + dur, + solide, +stable, consolider (3)  (ferme)
Alourdir: Rendre lourd, plus lourd, pénible à supporter (3)  (lourd)
Alléger: Rendre plus léger, moins lourd, diminuer le poids de la charge (3)  (léger)
Rajeunir: Donner à qqu’un moins que son age, faire devenir plus jeune (3)  (jeune)
Vivifier: Donner de la vitalité, une vigueur accrue (2)   (vif)
Revivifier: Donner une nouvelle vie, redonner de l’énergie, des forces (2)   (vif)
Enlaidir: Rendre laid (3)   (laid)
Calmer: Rendre calme, diminuer la violence (1)   (calme)
Sensibiliser: Rendre sensible, douer de sensibilité (2)   (sensible)
Désensibiliser: Supprimer la sensibilité de quelque chose (2)(sensible)         Insensibiliser: Rendre insensible à la douleur, à la sensation (2) (sensible)
Aplanir: Rendre plan, uni, en faisant disparaitre les inégalités (3)   (plan)
Affoler: Rendre fou, troubler profondément sous l’effet d’une passion (3) (fou)
Intensifier: Rendre plus intense, plus important, augmenter (2) (intense)
Abetir: Rendre bete, diminuer les facultés les plus nobles (3) (bete)
Banaliser: Rendre courant, vulgaire, enlever toute originalité (2) (banal)
Eloigner: Mettre loin ou plus loin, faire aller à une certaine distance (3) (loin)
Vieillir: Prendre de l’age, aller progressivement vers la vieillesse (1) (vieux)
Ralentir: Rendre plus lent, faire se déplacer plus lentement (3) (lent)
Embellir: Rendre beau ou plus beau, avantager (3) (beau)
Affadir: Rendre fade, affecter d’une sensation désagréable (3) (fade)

(source : réflexion personnelle et TLFI)



Classification selon les préfixes       Classification selon les suffixes

préfixe a-                                         -isser
préfixe r-                                          -iser
préfixe dé-                                        -iver
préfixe en-                                        -ier
préfixe é-                                          -ifier
préfixe vide-

a-                         r-                          en-
allonger                rallonger              enjoliver
approcher            renforcer              enlaidir
agrandir               rapprocher           embellir
amenuiser            raffiner
amincir                raccourcir            é-
affiner                  raffermir              élargir
affaiblir                rajeunir                écourter
assombrir            revivifier              éclaircir
araser                           
adoucir                dé-                       vide-
affermir                dépolir                 longer
alourdir                dégrossir              forcir
alléger                  désensibiliser       polir
aplanir                                             grandir
affoler                                              mincir
abetir                                               grossir ...



Critères de classification

Base adjectivale + suffixe verbal
Longer, polir, grandir, mincir, grossir, raser, doucir, durcir, calmer, vieillir,

Base adjectivale +-iser ou –ifier ou -iver
Amenuiser, vivifier, fortifier, sensibiliser, intensifier, banaliser

Préfixe + Base adjectivale + suffixe verbal
Affadir, embellir, éloigner, abetir, affoler, aplanir, enlaidir, alléger, alourdir, affermir, adoucir, araser, assombrir, éclairer, éclaircir, affaiblir, écourter, élargir, affiner, enjoliver, amenuiser, agrandir, approcher, allonger

Préfixe + verbe désadjectival
)       Verbe simple
Longer, polir, grandir, mincir, grossir, raser, doucir, durcir, calmer, vieillir
2     Pref+adj+suff verbal
Affadir, embellir, éloigner, abetir, affoler, aplanir, enlaidir, alléger, alourdir, affermir, adoucir, araser, assombrir, éclairer, éclaircir, affaiblir, écourter, élargir, affiner, enjoliver, amenuiser, agrandir, approcher, allonger
3     [a]+ verbe simple(issu de 1)
Affadir, abetir, affoler, aplanir, alléger, alourdir, affermir, adoucir, araser, assombrir, affaiblir, affiner, amenuiser, agrandir, approcher, allonger
4     [re]+ verbe simple
 renforcer, revivifier
5     [r]+[a]+ verbe simple
Rapetisser, rallonger, raffiner, raccourcir, raffermir, rajeunir, ralentir



Proposition de classification en forme d'arbre

notions utilisées: verbes causatif, inchoatif, télique, atélique

Degré max.

Degré standard

[x Causer [y Devenir[X]]]
[x Devenir[X]]
                                                       
                                                     [A]
                                                                       \
                                                                       [A]V
                                                        /        \
                                      Causatif                        Inchoatif
                                               /           \                           /        \
                                     Télique     Atélique      Télique       Atélique

clarifier: CAUSATIF TELIQUE pron. INCHOATIF ATELIQUE
éclaircir: v.tr CAUSATIF TELIQUE/ ATELIQUE Pron. INCHOATIF
eclairer: Causatif /illuminer  action difference semantique illuminer une chambre
eterniser: CAUSATIF TELIQUE s'eterniser
concretiser: CAUSATIF TELIQUE
rougir: CAUSATIF/INCHOATIF TELIQUE
accourcir: CAUSATIF / ATELIQUE
raccourcir: CAUSATIF/ INCHOATIF ATELIQUE
adoucir: CAUSATIF TELIQUE  « Rendre doux » ATELIQUE adoucir l'ennui
embellir: CAUSATIF/ INCHOATIF telique/Atelique
 -grossir/VERBE==> [ [gros ADJ] VERBE] (grossir/VERBE, gros/ADJ) "Rendre gros"
-dégrossir/VERBE==> [ dé1 [gros ADJ ] VERBE] (dégrossir/VERBE, gros/ADJ) " (Supprimer - Faire perdre) le caractère gros"
-allonger/VERBE==> [ a [long ADJ ] VERBE] (allonger/VERBE, long/ADJ) " Rendre long"
-rallonger/VERBE==> [ re [a [long ADJ ] VERBE ] VERBE] (rallonger/VERBE, allonger/VERBE, long/ADJ) "allonger (une nouvelle fois - vers un état, un lieu antérieur - jusqu'à un point de référence)"
-approcher/VERBE==> [ a [proche ADJ ] VERBE] (approcher/VERBE, proche/ADJ) " Rendre proche"
rapprocher/VERBE==> [ re [a [proche ADJ ] VERBE ] VERBE] (rapprocher/VERBE, approcher/VERBE, proche/ADJ) "approcher (une nouvelle fois - vers un état, un lieu antérieur - jusqu'à un point de référence)"
accourcir/VERBE==> [ a [court ADJ ] VERBE] (accourcir/VERBE, court/ADJ) " Rendre court"
affiner/VERBE==> [ a [fin ADJ ] VERBE] (affiner/VERBE, fin/ADJ) " Rendre fin"
-raffiner/VERBE==> [ re [a [fin ADJ ] VERBE ] VERBE] (raffiner/VERBE, affiner/VERBE, fin/ADJ) "affiner (une nouvelle fois - vers un état, un lieu antérieur - jusqu'à un point de référence)"
-désaffiner/VERBE==> [ dé1 [affin ADJ ] VERBE] (désaffiner/VERBE, affin/ADJ) " (Supprimer - Faire perdre) le caractère affin"
-apetisser/VERBE==> [ a [petit ADJ ] VERBE] (apetisser/VERBE, petit/ADJ) " Rendre petit"
-rapetisser/VERBE==> [ re [a [petit ADJ ] VERBE ] VERBE] (rapetisser/VERBE, apetisser/VERBE, petit/ADJ) "apetisser (une nouvelle fois - vers un état, un lieu antérieur - jusqu'à un point de référence)"
-durcir/VERBE==> [ [dur ADJ] VERBE] (durcir/VERBE, dur/ADJ) "Rendre dur"
(origine : site CNRTL application Derif)



Classement selon la morphologie:

-[[Adj]base +[suffixe verbale -er, -ir]] jaunir, durcir
-[[Adj]+suffixe verbalisateur] fortifier, sensibiliser
-parasynthèse[preff+[Adj]+suffix]
-formes derivées :
-preff+[verb desadjectival] désensibiliser, dégrossir

Liste initiale: critères de selection (type base adj. , type d'affixes)



Critères de classement:

Morphologique: formation des verbes: formes simples grossir, formes parasynthétiques (allonger) formes dérivées du verbe désensibiliser.

-Classement selon la structure éventive: “situation types” de Saeed Adjectif statique vs Verbe dynamique.

Causatif vs Inchoatif. Saeed p.72

Telique vs Atelique (Kearns 2007)

Même forme pour ses deux situations? Elles sont prédictibles: “Tous les verbes avec un “se sont inchoatifs?

Tester l'alternance causative inaccusatifs vs inergatifs?

“Le mur noircit”/”Cela noircit le mur”
“un homme s'enrichit”  “l' homme enrichit l'entreprise”

Voir le tableau de classement selon les différents critères



Plan

Introduction (à l'étude)



(I)Les désadjectivaux : de la définition au corpus,
problèmes et méthodes.

1) généralités

2) vers la constitution d’un corpus

3) méthodologie générale

4)extraction des notions à étudier

(II)étude des formes (la partie étant le plus à développer))



Conclusion

Les désadjectivaux : de la définition au corpus, problèmes et méthodes



1) Généralités :

Définition générale des verbes désadjectivaux

Les verbes désadjectivaux sont des verbes dérivés d’adjectifs. Place occupée par ce  type de verbe dans le lexique de la langue française contemporaine. C'est-à-dire leur   nombre, leur rôle en tant que verbe (ébaucher les spécificités qui leur sont propres, dues à leur formation particulière sur la base d'un adjectif dont ils héritent de certaines propriétés et qui leur impose des contraintes d'usage →voir la rubrique traitant de la compatibilité syntaxique et sémantique dans le précis de lexicologie française. Appartenance à la classe ouverte des verbes et plus spécifiquement formés à partir d'items eux-mêmes évolutif.

Les préfixes

La formation sur la base d’un préfixe donne une classification particulière et on remarque que le préfixe a- donne le plus de formes distinctes.

Du point de vue sémantique, on peut remarquer en particulier que les préfixes a-,en-,é- sont à peu près équivalents et forment des verbes qui peuvent se définir comme “rendre + adj”.

On distingue aussi le préfixe r- qui signifie “rendre + adj que précédemment”, c’est-à-dire que l’action donne un caractère plus marqué à un état qui était déjà présent. Par contre le préfixe dé-, comme on peut s’y attendre, a un caractère privatif.

Enfin les verbes qui n’utilisent pas de préfixe utilisent directement le sens de l’adjectif sans le modifier.

Les suffixes

Les suffixes utilisés correspondent globalement aux groupes verbaux du français      (-er,-ir,...) mais il y a aussi des suffixes particuliers utilisés selon plusieurs occurrences et qui peuvent former une régularité de formation des désadjectivaux.



2) Vers la constitution d'un corpus 

La question du nombre de ces verbes dans le lexique de notre langue, de leur représentativité relative, mérite d'être posée (voir généralités). Au-delà de ce seul aspect quantitatif et culturel nous pensions également qu’il y avait tout lieu de disposer pour cette étude d’une liste recensant avec un maximum d’exhaustivité l'ensemble des  verbes désadjectivaux du lexique actuel de la langue française. 

Si en première instance notre instinct fut d’énumérer tous les verbes de ce type dont l'accès nous était permis par l'usage personnel que nous en avions, très vite nous nous sommes heurtés à un obstacle majeur imposé par cette démarche toute empirique : la représentativité de ces verbes, non pas au sein de l‘ensemble plus vaste d’un lexique  généralisé, telle que celle vue auparavant, mais plutôt celle relative aux autres verbes désadjectivaux, catégorie à laquelle ils ressortent. Quel intérêt à cela dira-t-on, puisque tous sont différents de par leur forme et leur sens et qu’aucun ne saurait être alors plus représentatif qu’un autre au sein de ce même ensemble identifié. 

C’est que la représentativité ici n'est pas à entendre comme le nombre d’occurrences marquées de tel ou tel verbe dans un discours produit par les locuteurs ni même, donc, de la proportion de cette catégorie du lexique relativement aux autres parties du discours –puisque notre étude nous impose de puiser dans la catégorie des désadjectivaux. 

La représentativité entendue à ce second niveau est une représentativité de classes où chaque classe établie permet un regroupement pertinent selon des critères objectifs 
(la présence de tel ou tel suffixe par exemple). Ainsi, l’étude de la formation des désadjectivaux, de leurs propriétés d'usage et des relations orientées de sens qu'ils entretiennent avec leur base, se fera au  travers de comparaisons multiples, comparaisons à la faveur desquelles émergeront des régularités, servant de base à la constitution des classes.

Plusieurs hypothèses successives ont été émises en faveur d’un regroupement pertinent en classes. Ce regroupement peut être difficile à  opérer. A cet endroit de l’étude,  aucune de ces hypothèses n’est à négliger et toutes peuvent contenir la base d’une disposition favorable à l‘analyse qui va suivre. Si nos connaissances de la langue, appuyées par certains dispositifs tels que les dictionnaires, ne peuvent suffire à orienter  ce regroupement en la faveur de tel ou tel critère (sémantique, morphologique, etc.)   c’est précisément parce que nous ne connaissons pas encore l’influence de chacun      d’eux dans la formation des désadjectivaux (comme nous l'avons souligné précédemment). 

Ainsi se pourrait-il, par exemple, que la suffixation particulière de l’adjectif initial soit fonction, tout ou partie, du sens qu’il véhicule et donc du classement sémantique dont il peut faire l‘objet. Aussi ce critère pourrait ne pas avoir d’impact véritable - ou bien différent de celui que nous lui prêtions - et se substituerait à lui d’autres éléments d’intérêt tels la constitution morphologique de l’adjectif ou des caractérisations d‘un autre ordre. Pour ne négliger aucun de ces facteurs, et sans toutefois déborder trop largement le cadre de la lexicologie, nous avons choisi - conformément aux suggestions de l’énoncé - de recourir dans un premier temps à la constitution de paires minimales strictes sur la base de comparaisons multiples touchant aussi bien au sens qu’à la forme, au signifié qu’au signifiant, sans manquer de croiser les données inhérentes à ces deux aspects. (Revenir ici sur la notion de base et de radical) 

Nous remarquerons que les désadjectivaux, formés sur la base d’un adjectif peuvent présenter des points de similitudes, orientés comme suit : une même base adjectivale, une même affixation, une même classe verbale (verbe inchoatifs etc) sont des éléments de comparaison que nous prendrons en considération.



3)Méthodologie générale

La dérivation morphologique à partir d’une base adjectivale est de deux types :
Adjectif+suffixe en –er, -ir,…

Préfixe+adjectif+suffixe
ou l’adjonction d’un préfixe et d’un suffixe est la condition d’existence du verbe désadjectival en ce sens que l’adjectif ou le suffixe ajouté seul ne suffit pas (exemple : finer n’existe pas, on doit avoir affiner).  

Peut-on utiliser tous les types d'adjectifs?

A priori, on peut utiliser tous les types d’adjectifs, quels que soient les critères morphologiques et sémantiques. On ne découvre pas particulièrement une classe d’adjectifs plus utilisée qu’une autre.

Peut-on généraliser relativement aux adjectifs utilisés?

On peut généraliser la formation des verbes désadjectivaux à tous les types d’adjectifs de la langue française, autant sur le plan morphologique que sémantique.
Analysons les doublets et les triplets

Doublets : vif, ferme, doux, ras, clair, court, fin, gros, mince, grand, poli, proche, fort
Triplets : sensible, long

On peut remarquer qu’il y a un certain nombre de doublets et quelques triplets.
Les doublets se forment à partir des paires minimales vide/a- ou é-/r- ou a-/r- ou vide/dé- ou vide/r-. Il s’agit donc souvent de verbes qui indiquent un sens simple et un sens de redoublement avec le préfixe r-. Mais il y a aussi des paires minimales avec le préfixe dé-. On a donc des oppositions entre un sens positif (vide-) et un sens négatif (dé-).

Il y a une différence avec la formation sur des bases non adjectivales.

Bases non adjectivales : il s’agit de verbes dénominaux (formés à partir de noms), déverbaux (formés à partir de verbes) mais aussi éventuellement à partir d’adverbes.
Croisement des paramètres de classement

Paramètres : causatif/inchoatif, préfixe/suffixe, transitif/intransitif

On effectuera éventuellement un croisement entre ces différents paramètres.
Utilisation de phrases complètes

Donner des exemples de phrases utilisant les données du corpus

Classement des formes verbales dérivées

Les formes en a-, en-, é-, r-, puis les formes en dé- sont la plupart du temps dérivées des formes déjà connues n’utilisant pas de préfixes (vide-).

Vérifier si on ne produit que des verbes dynamiques/ duratifs

Opposition dynamique/duratif

Refaire un classement à partir de ce critère

Régularité sémantique télicité/atélicité

Refaire un classement à partir de ce critère

Régularité dans le comportement syntaxique du verbe (transitif/intransitif)

Il faudrait reprendre les définitions pour distinguer bien clairement les sens des verbes transitifs et intransitifs.

Corpus plus conséquent, fréquence des combinaisons

Chercher un plus grand corpus à partir des sites internet à notre disposition
Etymologie: verbes entrés par héritage, réfections tardives du latin, créations du français : faire de même une recherche sur les sites ou les dictionnaires d’étymologie



4) Extraction des notions à étudier

Les bases adjectivales possibles sont représentées par un certain nombre d’adjectifs de la langue française.

Prédication de l'adjectif

Le prédicat en linguistique est conçu comme la partie de la phrase ou de la proposition qui porte l'information verbale ou le commentaire à propos du sujet.

Rôle sémantique, valence, sous-catégorisation, alternance

le rôle sémantique sert à décrire le sens qui s'attache à un groupe nominal par rapport au procès exprimé par le verbe au sein d'une phrase.
(Accomplishment, achievement, activity)

Fonctions attributives

Rôle sémantique, thématique

Patient/Agent, Transitif/Intransitif

Voir la partie Agent du livre de Claude Hagège pour patient/agent

Changement d'état, degree achievement (par degrés)
 
Classe verbale, gradual completion

Valence, Arité, parasynthèse

La valence est un trait syntaxique concernant principalement les verbes mais aussi quelques noms et adjectifs. On nomme valence d'un tel terme le nombre d'actants qu'il peut recevoir ou qu'il doit recevoir pour être saturé, c'est-à-dire fournir un syntagme grammaticalement correct.

La dérivation parasynthétique est, en linguistique, une procédure de dérivation lexicale par affixation simultanée. Par exemple, un préfixe et un suffixe sont ajoutés ensemble à une base pour former un mot composé.

Verbes déverbaux, dénominaux et autres types de formations

Grille thématique, dynamisme, durativité

Gradables, non gradables

Emploi relatif et absolu
 
Adjectifs intentionnels, relationnels, qualificatifs

Un adjectif relationnel est un adjectif qui définit une relation et non une qualification, il peut être remplacé par un complément du nom.

On appelle adjectif une catégorie de mot qui s'adjoint au nom pour exprimer une qualité (adjectif qualificatif), une relation (adjectif relationnel) ou pour permettre à celui-ci d'être actualisé dans une phrase (adjectif déterminatif).       

L’aktionsart s'applique en linguistique à la manière dont est conçu le déroulement du procès et à son découpage en phases, tels qu'exprimés, soit par le verbe lui-même, soit par sa forme grammaticale. Il est parfois traduit en français par caractère de l’action, mode d'action ou modalité d'action                  



Bibliographie:

Le lexique: images et modèles du dictionnaire à la lexicologie
(Alain Rey, ed.Armand Collin)
Lexicologie et sémantique lexicale, notions fondamentales
(Alain Polguère, ed. Presses de l'Université de Montréal)
La lexicologie
(Aino Niklas-Salminen, ed. Armand Collin)
La lexicologie, lectures
(Alain Rey, ed. Klincksieck)
Introduction à la lexicographie: le dictionnaire
(Jean et Claude Dubois, ed. Langue et Langage, Larousse)
Description et analyse des verbes désadjectivaux et dénominaux en -ifier et -iser
(Benoît Sagot , Karën Fort, INRIA, Paris 7)
Transitivity in grammar and discourse
(Paul Hopper, Sandra Thompson, Language 56,1980)
Telic senses of deadjectival verbs
(Kate Kearns, Lingua 117, 2007)
Change of state and valency
(Marie Labelle, Journal of Linguistics 28, 1992)
Semantics, third edition
(John Ibrahim Saeed, ed. Wiley Blackwell)
Au seuil de la lexicographie
(Paul Imbs, Cahiers de lexicologie)
La définition sémantique dans les dictionnaires
(Bernard Pottier, travaux de linguistique et de littérature)
La grammaire d'aujourd'hui, guide alphabétique de linguistique française
(Arrivé, Gadet, Galmiche, ed. Flammarion 1986)
Articles lexicologie de l'encyclopédie
(Beauzée, Douchet, 1765)
Dictionnaire amoureux des langues
(Claude Hagège, 2009)



Sitographie

Trésor de la Langue Française Informatisé :

Base textuelle Frantext :

Classification des verbes de Dubois et Dubois-Charlier :

Centre National de ressources textuelles et lexicales :

Base de recherche Derif :