dimanche 27 novembre 2016

Symphonie transfigurée, par Paul-Gilbert Langevin

Symphonie transfigurée est un récit dramatique en quatre mouvements et deux époques, écrit par le musicologue Paul-Gilbert Langevin entre 1966 et 1968, destiné à l'adaptation cinématographique, et resté inédit.

Préface à propos de l'auteur par lui-même

"On éprouvera peut-être quelque difficulté à classer le présent drame au sein d'un genre littéraire nettement défini. De toute évidence, il est destiné à une adaptation visuelle: les tableaux, décrits avec minutie, l'action mouvementée, le cadre constamment changeant imposent une réalisation soit cinématographique, soit télévisée. Cependant, par l'importance donnée aux dialogues, par le détail du récit, par ses proportions mêmes, l'œuvre dépasse largement le cadre d'un simple scénario ; il ne s'agit pas non plus d'une pièce théâtrale, car la très large place faite à la musique, non seulement dans l'accompagnement sonore, mais dans l'action - laquelle comporte de nombreuses séquences où le rôle principal est dévolu à un orchestre symphonique - exclut toute représentation scénique. Le sous-titre de "drame romantique" ne peut suffire à caractériser l'ouvrage que si l'on veut bien admettre le terme de "romantique", non dans le sens restreint de "peinture de soi-même", mais dans le sens le plus large, associant au concept de "confession" celui de "contemplation". L'une et l'autre s'y trouvent, en effet, intimement mêlées. Confession, ce récit l'est bien car il transpose, en l'idéalisant, une expérience vécue par l'auteur : la révélation de la Beauté par la musique, et de celle-ci par la vision d'un enfant, d'un jeune chef d'orchestre en qui elle lui parut tout-à-coup incarnée. Bien qu'il soit impossible de le nommer ici, tous ceux qui l'ont connu à l'époque de sa jeune gloire l'identifieront facilement.

Contemplation? Afin de comprendre quelle place tient cette donnée dans la pièce, il semble utile de connaître, au moins dans ses grandes lignes, la biographie de l'auteur. Né près de Paris en 1933, Paul-Gilbert Langevin eut le privilège de grandir auprès d'un père célèbre, mais ressentit dès l'adolescence la nécessité de s'affranchir d'une tradition familiale à l'intérieur de laquelle il ne se sentait pas en mesure d'affirmer sa personnalité. Quand intervient, en 1951, l'évènement décisif relaté plus haut, le jeune homme se rend compte de la place que tiendra désormais la musique dans sa vie ; il poursuit cependant des études scientifiques, car il ne peut se résoudre à l'insécurité d'une carrière artistique, et craint que les contraintes d'un semblable métier ne tarissent rapidement l'enthousiasme de la découverte.

Il sera musicien, oui, mais autodidacte, et se lance, avec une avidité d'autant plus grande qu'elle se place à une période d'intense curiosité intellectuelle, à la découverte de la musique, ne perdant aucune occasion d'entendre des concerts et de se familiariser avec la vie des grands compositeurs. Ses préférences vont d'emblée à l'époque romantique, qu'il cherche à étudier plus en détail que ne le permet le répertoire des orchestres parisiens, et il trouve dans le disque la source de documentation que le concert lui refuse. Il éprouve, en 1952, une nouvelle et intense émotion artistique avec l'audition (radiophonique) de la Symphonie nº 7 de Bruckner, et décide aussitôt d'intervenir activement en faveur de la connaissance de ce grand musicien, puis de l'ensemble des symphonistes européens de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième, époque qu'il en vient à considérer comme la période-clé de l'histoire musicale des temps modernes. C'est aller résolument à contre-courant des tendances actuelles, essentiellement orientées soit vers la musique ancienne et baroque, soit vers les recherches contemporaines qui ne font plus aucune part à la sensibilité.

Mais Langevin tient à défendre ses convictions : il présente d'abord des auditions commentées pour des cercles de jeunes, puis fonde en 1957 une association, "L'Harmonie du Monde", par le truchement de laquelle il ambitionne de promouvoir, selon ses propres termes, une "rénovation profonde du répertoire musical français": l'introduction des œuvres de Bruckner doit en constituer la première étape. Au bout de dix ans d'efforts, et en dépit de succès indéniables mais sporadiques, ce programme est loin d'être accompli, car il faut compter avec l'inertie des organismes "para-musicaux" auxquels le courageux animateur a eu souvent recours en vain et contre lesquels il conserve une secrète rancune, dont on trouvera la trace dans le présent récit. Dans le même temps, Paul-Gilbert Langevin n'a cessé de nourrir le projet de faire lui-même œuvre de compositeur, mais n'a réalisé que très imparfaitement cette ambition, faute du temps et des fondements techniques indispensables. Ses premiers essais remontent à 1954 avec des pièces pour piano et une grande ballade chantée, 'L'aube poétique", sur un texte alors inédit de Rainer Maria Rilke. A ce jour, l'essentiel de sa production est constitué par les esquisses non instrumentées de trois Symphonies et d'un vaste Concerto symphonique pour piano, orchestre et orgue. Quel sort pourrait être réservé à ces œuvres si elles étaient menées à leur complète réalisation? Le climat intensément romantique dans lequel elles baignent, un romantisme d'ailleurs dépourvu de toute mièvrerie et qui n'exclut pas de grands accents d'intensité, ne manquerait pas de s'opposer à leur acceptation comme partie intégrante du répertoire contemporain. Il faudrait, pour les admettre, faire abstraction de toute la musique écrite depuis près d'un siècle ; mais cela est-il possible ailleurs qu'au cinéma?

On en comprendra mieux la source si l'on sait que l'auteur passe dans les Alpes la plupart de ses vacances, afin de retrouver dans les longues courses et dans la contemplation des sommets la paix intérieure qui fait si gravement défaut au monde où nous vivons. Montagne et musique, en réalité, sont pour lui indissociables, et se complètent comme les deux plus pures sources de joie spirituelle. Ainsi s'éclairent mieux les motivations profondes de la pièce que l'on va lire, et de la Symphonie dont elle emprunte le titre. Devant cette quête d'une image fugitive élevée à la valeur d'un symbole, comment ne pas évoquer Manfred, cet autre héros romantique et alpestre, surtout si l'on sait que l'ouvrage fut écrit au pays même qu'illustrèrent Lord Byron et Robert Schumann. On ne saurait donc s'étonner que le point culminant du drame se situe précisément dans le long épisode montagnard ("Adagio") où, par la voix de son héros, l'auteur nous livre non seulement la clé de son œuvre, mais l'essentiel d'une pensée généreuse mise toute entière au service de l'Art."
  • P.G.L.

Composition de l'ouvrage

  • Dédicace:
"Pour Roberto, sans qui ce drame n'eût pas été vécu,
Et pour Monique, sans qui il n'eût pas été écrit."
(Le prénom de Roberto cité par l'auteur fait référence au chef d'orchestre Roberto Benzi.)
  • Préface
  • Avertissement
  • Première époque
Allegro moderato: Premier acte (Franz, Budapest, février 1923), Deuxième acte (Miklos, Vienne (Autriche), février 1923), Troisième acte (La Tournée, Vienne (Autriche), février-avril 1923)
Scherzo: Quatrième acte (Le Duel, Lac Balaton, mai 1923, Budapest, Vienne (Autriche), 1924)
  • Deuxième époque
Adagio: Cinquième acte (L'Exil, Saas-Fee, 1924 à 1932), Sixième acte (L'Age mûr, Saas-Fee, 1932 à 1935)
Finale: Septième acte (La Mission d'Alexis, Budapest, octobre 1935), Huitième acte (L'Apothéose, Saas-Fee, octobre 1935, Budapest, janvier 1936)
  • Note à l'intention de messieurs les cinéastes
  • Index des œuvres musicales intervenant au cours de l'action
  • Index des personnages
  • Table des matières

Index des œuvres musicales

Références

  • Paul-Gilbert Langevin, Symphonie Transfigurée, récit dramatique en quatre mouvements et deux époques, destiné à l'adaptation cinématographique, inédit, 1966-1968.

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