jeudi 12 mars 2015

Carnets de voyage, par Paul-Eric Langevin (2004)



















Séjour sur la Côte d'Azur
Marseille

La lumière qui éclaire toute la région lorsqu'on approche de la ville. Les nuages se font de plus en plus épars. Jusqu'à disparaître. L'architecture rectiligne de la Gare Saint-Charles. Un beau toit bien carré et bien lumineux.
Et quand on sort, c'est l'effervescence. Des gens, partout, des gens; d'ici, d'ailleurs, qui vont et viennent au gré des fluctuations des horaires. Descendre des marches, de nombreuses marches. Un ciel pur, bleu, intense, de grandes avenues très larges d'un style dix-huitième ou dix-neuvième, mais un style agréable. Les volets de bois dont la peinture est légèrement désséchée, craquelée.
A toutes les fenêtres.
Aux abords de la gare, des touristes, des indigents, des immigrés, une foule disparate.
La Cannebière, longue avenue marseillaise, un peu comme les autres avenues sauf qu'elle se dirige jusque vers le Vieux Port. Très commerçante cette avenue. Marseille est une ville commerçante. Le Vieux Port: impression d'effervescence. Tous ces mâts qui découpent le ciel.
Un peintre qui expose ses tableaux, un marin qui explique le fonctionnement de son bateau.
Des chalutiers anciens amarrés dont on détaille les spécialités. Le port: cette largeur, des immeubles immenses, des cafés, des restaurants, à longueur de vue. Le Fort Saint-Nicolas et le Fort Saint-Jean en sont les deux limites. Sur le deuxième, un phare. Ainsi que la vue sur la mer. La mer Méditerranée, notre mère à tous. Le berceau de notre culture. L'eau à perte de vue. Quelques vendeurs à la sauvette. Quelques types qui font bronzette. De légères vagues, le ressac. La lumière rasante sur la mer en ce début d'après-midi.
Y
Cannes

La façade de la gare est une décoration des années soixante assez chouette. Au fil des petites rues qui semblent un mélange de village de bord de mer, de banlieue middle-class et de ville moderne de province, on découvre ou plutôt on aperçoit les palmiers. Lorsqu'on en voit un, on se dit oui, je suis bien à Cannes. La croisette approche. Et au détour d'une rue, il est là, il est majestueux, imposant: le palais des festivals. Tout près de la plage, du sable fin. Marcher, perdre ses pas sur le sable fin, légèrement mouillé. Se dire que d'autres, impressionnants de charisme, ont marché sur ce même sable: John Huston, Anthony Quinn... La preuve est là. Les mains ont laissé leurs marques sur le sol. Depuis des années. S'asseoir un instant sur la plage. Un coup d'oeil sur la gauche. Et c'est le choc: la Croisette. Le soir, c'est une immense ligne courbe toute colorée comme un arc-en-ciel dont chaque couleur serait un hôtel de luxe. Et au coeur de l'arc-en-ciel, là, en face, au large, des cargos, des navires immenses appartenant aux plus riches nababs du coin. Cette vision, cet arc-en-ciel et ces bateaux illuminés, tout cela me prend aux tripes. Mon âme vacille devant autant de luxe, d'illusion, de cirque, de délire collectif. Un véritable cirque cosmique, voilà ce que c'est. Avant d'être un formidable marché, une bourse, un boursicotage sans fin. Voilà ce que c'est: un cirque cosmique. Les hommes et les femmes se prennent pour des dieux. Des dieux d'un instant, sous la lumière des photographes. En face du palais, je me promène tranquillement. Un homme fait la manche, il joue du saxophone.
Formidablement bien. Pourquoi pas New-York New-York? Une femme fait la manche et adresse des mots gentils aux passants. Pourquoi pas une actrice de Kusturica?
Tout cela est vraiment fabuleux: les apparences et le dessous des choses. Tous ces bateaux illuminés semblent comme de gros joujoux pour des bibendums du troisième millénaire.
Sur la plage, un homme travaille intensément à des sculptures en sable: un visage et un crocodile. Il est vraiment doué. Mais il n'a pas encore le cachet d'une star. D'ailleurs à cette période de l'année, il n'y a pas de stars ici. Juste des étoiles. On est plus tranquilles. 
Nice

Nice est une cité antique dont le nom était à l'origine "Nicaïa" qui signifiait "victoire". La vieille ville est située entre trois frontières naturelles, le Paillon, qui est un cours d'eau, la montagne du château et la Méditerrannée. Elle forme ainsi un triangle de vieilles maisons agréables d'une couleur de terre marron.

Devant la ville, le long de la mer, une magnifique plage de galets ainsi qu'une promenade baptisée "la promenade des anglais". Pour découvrir la vieille ville, il est agréable de prendre le petit train touristique qui passe place Garibaldi, l'ancienne place Napoléon, et qui monte sur la colline du château. Il y avait un château jusqu'au dix-huitième siècle mais il n'existe plus. La promenade sur la colline est magnifique car la végétation est exceptionnelle ainsi que le point de vue sur toute la ville et sur la baie de Nice appelée "Baie des Anges". La lumière qui se reflète sur l'eau dans toute la baie lui doit sans doute son nom.
A Nice, on peut visiter un musée Matisse ainsi qu'un musée Chagall.
Les maisons qui datent du dix-neuvième siècle et qui bordent la vieille ville sont impressionnantes et ne manquent pas de charme. Le Paillon est une rivière qui se jette dans la mer près de la ville mais la rivière est recouverte depuis un certain temps par un jardin ainsi que des infrastructures.
Si on prend le car qui fait le tour de toute la ville, on aperçoit le port qui se situe derrière la colline du château. La place en face du port est la place "Ile de Beauté" en référence à la Corse bien sûr qui se situe pas très loin de Nice. Les bateaux qui partent du port desservent la Corse ainsi que
la Sardaigne. Le bus monte ensuite dans les collines autour de la ville. Elles abritent des villas de la Belle Epoque toutes plus charmantes les unes que les autres. Malheureusement, les collines sont aussi très peuplées puisque la ville moderne s'étend assez loin.
Ensuite on passe sur la colline de Cimiez qui abrite les vestiges d'un site romain important, des arènes mais aussi actuellement des musées et des structures culturelles. On peut profiter de l'auberge de jeunesse qui se situe près de la vieille ville ou bien de celle qui est sur le Mont Boron, l'une des collines de la ville.
Sur les collines, il s'y trouve aussi un fort ainsi qu'un observatoire. On peut se baigner à la plage car l'eau y est très souvent chaude, pas moins que vingt degrés.
Menton
Promenade du Soleil - promenade le long de la baie, plage de Menton. Il n'y avait pas de soleil mais je m'y suis baigné les pieds, ce qui m'a fait un bien fou.
La Vieille ville - très belle petite église, vieilles maisons et hôtel de ville du 17e siècle, le tour en train touristique est agréable. Il passe aussi par le port de Menton. Celui-ci peut contenir mille bateaux. Lorsqu'on longe la ville, on peut profiter des arbres, dont les fameux citronniers.
Le Musée Jean Cocteau - Installé dans le vieux fort, le musée possède une collection d'oeuvres de l'auteur de "la Belle et la Bête", des peintures, des fresques, des dessins ainsi que des fresques composées avec des galets.
Monaco
Près du casino, on peut apprécier de magnifiques jardins exotiques. Mais pour le jardin japonais et les grands jardins exotiques de la ville, il faut aller un peu plus loin.
Sur la route de Nice à Monaco, une plaque mentionne la disparition de Grace Kelly, princesse de Monaco, qui s'est étranglée avec une écharpe en conduisant.
Le jardin exotique de la Ville de Monaco est un jardin sur plusieurs étages, surplombant la ville. Il est composé d'une série de cactus et de plantes plus ou moins curieuses. On peut se promener le long du jardin et descendre les marches pour apprécier toutes les variétés différentes. Ou bien
on peut rester sur les esplanades au niveau supérieur, profiter des bancs et surtout de la vue magnifique sur toute la principauté de Monaco et sur la Méditerrannée.
Le jardin japonais se situe en contrebas de Monaco et constitue une pure merveille du genre. L'étang abrite les carpes japonaises, les fameux "koi", qui sont de toutes les couleurs différentes. Il y a aussi un banc qui donne sur la Méditerrannée et au centre du jardin, une sorte de temple avec un autel décoré de poupées japonaises et d'un samouraï reproduit en miniature. On peut aussi apprécier les compositions de galets typiques ainsi qu'une vasque dédiée à la prospérité.
Il y a aussi une roseraie à Monaco mais je n'ai pas eu le temps de la visiter.
 

14 juillet: Grandes eaux nocturnes du château de Versailles

Les fontaines jaillissent en choeur. Les personnages de la cour défilent dans le jardin puis descendent le tapis vert. Des échassiers costumés se promènent dans la foule. La garde du roi s'avance. Le promeneur peut se désaltérer d'un jus de fruit ou d'un sorbet. Puis il suit le défilé de personnalités. Louis XIV, le cardinal de Richelieu, les femmes au visage saupoudré de blanc et aux amples robes, les mousquetaires du roi...

Un concert près des marronniers, des allées d'arbres baignées de brume. Des bassins animés, de la musique de cour. La salle des colonnades est un ample cercle de colonnes au centre duquel se trouve la statue d'un satyre enlevant une jeune femme. D'un bassin dans une salle adjacente jaillit une gerbe d'eau à plusieurs mètres de hauteur. S'asseoir sur un banc un peu humide à proximité. Rejoindre alors la salle formée de rochers sculptés. Le feu d'artifice retentit, accompagné de musique caractéristique. Des cracheurs de feu y mettent du leur pour rythmer cette fantaisie multicolore et multiforme. Un mur de fumée s'échappe sur le côté du jardin. Des paillettes d'un rouge éclatant ponctuent le spectacle. Puis c'est la nuit...

Juillet et Août: Impressions sur la Haute-Savoie

27 juillet

La préparation du sac de voyage fut très folklorique car il me semblait qu'il manquait toujours quelque chose. Et en effet je découvre de temps en temps que j'aurais dû prendre ceci ou cela. Départ de la gare de Lyon dans un TGV première classe. Pendant le voyage, un petit tour au bar s'est imposé. Dans le magazine de la SNCF, deux articles retiennent mon attention. L'un est un article sur les meilleures méthodes pour vivre mieux. L'une des méthodes: parler de choses et d'autres, cela détend et stimule la créativité. L'autre est une interview de l'actrice du film "Clara et moi". Elle conseille de ne pas hésiter à se lancer dans la vie car on ne regrette que ce que l'on n'a pas fait. Surprise lors de l'arrivée en train à Aix-les-Bains, le lac du Bourget est impressionnant. Le train longe le lac avant de se diriger dans le centre-ville. Trouver l'auberge de jeunesse est ensuite une vraie aventure. Mais récompensée par une promenade le long du lac, surplombé par un panorama extraordinaire. Un couple de cygnes se promène.
 

Feux d'artifice et spectacle musical. Je m'asseois sur la jetée. Je discute quelques instants avec une jeune fille, Raphaelle, qui habite Aix-les-Bains et est en train de lire un livre féministe. Difficultés devant l'inconnu(e). Jusqu'où aller? Elle me dit bonsoir et s'en va. Je rentre à l'auberge en dégustant un sandwich sur le chemin.

28 juillet

Au petit déjeuner je rencontre Sandrine. Elle est étudiante en biologie et fait un stage qui a pour but de travailler sur les squelettes des espèces animales en cherchant à réguler le nombre de ceux-ci. Les collectivités locales parlent beaucoup d'environnement et de développement durable car c'est à la mode mais pour ce qui est des postes à pourvoir, bien sûr, il n'y a pas d'argent.
 

Départ en promenade pour la forêt de Corsuet. Une femme accompagnée de deux chiens m'indique le chemin; sans son conseil, je n'arrivais pas à trouver par où entrer dans la forêt. Après une montée assez facile, je trouve une prairie magnifique avec vue sur tout le lac du Bourget et l'abbaye de Hautecombe. Une autre promeneuse m'en parlait justement: propriété de la famille royale de Savoie par le passé, elle leur a servi de tombeau. Elle est passée aux mains d'une collectivité religieuse assez obscure dans les années soixante, qui pourrait être qualifiée de secte. Dans la prairie, une femme et son fils se reposent. Descente par le même chemin et arrivée au buffet de l'auberge. Dîner avec Sandrine et un couple belge très sympathique.

L'auberge est animée d'une part par un groupe d'AJistes assez portés sur l'alcool, d'autre part par une colonie de vacances très énergique. Parmi eux, deux Suédois qui parlent peu le français. Les enfants jouent au ping-pong, au volley-ball, et surtout à se chamailler et courir partout. Je discute aussi avec une américaine qui voyage seule, elle s'appelle Anna. Puis je vais me promener vers le lac. Sur la plage, une des filles qui travaillent à l'auberge, Marie-Ange, est assise et regarde le soleil couchant. Elle me dit de me méfier de la puce du canard. Je me baigne pourtant et trouve l'eau délicieuse. Baignade agrémentée par le clair de Lune.

29 juillet

Deuxième promenade dans la forêt de Corsuet dans le but de découvrir la grotte aux fées. Une promeneuse m'indique le chemin et me prévient qu'il faut connaître pour trouver la grotte. Je rencontre un cheval et lui donne à manger, le temps de faire sécher ma chemise au soleil.

Je monte ensuite et découvre une petite prairie ombragée où je profite d'un instant de repos pour un peu de lecture. Après quelques exercices de respiration et de cris, je poursuis le chemin et arrive bientôt à un petit sentier dans le bois qui semble interminable. C'est en fait un vrai dédale dans la forêt. Je grimpe courageusement mais arrivé à un petit bosquet d'arbres après lequel le chemin redescend de l'autre côté de la colline, j'abandonne l'idée de continuer pour trouver la grotte. Je me livre à quelques exercices pour casser du bois et libérer ma colère, ce qui me fait le plus grand bien. Puis je redescends à l'auberge et en profite pour boire un délicieux jus de pamplemousse sur le chemin dans un petit bar de la région. Le retour s'effectue ensuite par la route, ce qui n'est pas spécialement agréable.

Arrivé à l'auberge, je tombe sur mon lit pour faire une sieste. Puis je vais me promener le long du lac en quête d'un restaurant car l'auberge ne fait pas de repas. Un restaurant attire mon attention car on peut participer à un karaoke. Après une salade de viande froide et "l'hymne à l'amour" de Piaf, ainsi que "la Parisienne", je me lance et chante "la groupie du pianiste" de Michel Berger. Par la suite, je rentre me coucher.

30 juillet

Visite de la ville d'Aix-les-Bains. Après un petit déjeuner dans un café le long du lac, je prends le bus pour me rendre au centre-ville. A partir de la gare, la rue monte, encadrée de maisons magnifiques du dix-neuvième siècle.

Puis je découvre le théâtre de verdure, un jardin splendide en plein centre-ville, bordé d'une salle de concert. Les petites rues du centre-ville sont bordées de commerçants dont, oh miracle, une épicerie la Vie Claire. J'en profite pour faire des courses bio. Puis je déjeune à côté de l'Eglise et du musée Faure dans un petit jardin.

Je reprends ensuite la direction du port et de la plage pour être à l'heure pour un tour de bateau du lac du Bourget. C'est une croisière très ensoleillée puisqu'il fait un temps magnifique. Sur le bateau, c'est, conséquence de l'héliotropisme, une colonie de personnes agées, exceptés quelques jeunes dont une jeune fille silencieuse, calme et très charmante accompagnée de sa
grand-mère. Je leur parle de l'abbaye de Haute-Combe mais elles ne paraissent pas très bavardes et se méfient sans doute des hommes un peu cavaliers. En désespoir de cause, je me dirige vers le bar où je prends un jus de fruits. Les sites aperçus sont impressionnants: l'abbaye, un chateau, la grotte de Lamartine, une plage, des tours bordant la voie ferrée, un village bordé de vignes...
A l'arrivée, je vais manger à l'auberge mon pique-nique bio en discutant avec Sandrine et un couple de Suisses-allemands. Je continue ensuite ma lecture avant de sombrer dans un sommeil réparateur.

31 juillet

Voyage vers l'auberge de la Clusaz Départ de bonne heure par le bus pour arriver en gare d'Aix-les-Bains. Trajet en train puis en car via Annecy. Arrivé à la Clusaz, je déjeune et me rends compte que j'ai perdu mon carnet d'écriture sur lequel j'avais commencé un portrait de femme pour chaque lettre de l'alphabet. J'en étais à la lettre H où j'avais caricaturé Héléna. Suite de mon journal: j'ai retrouvé mon carnet en revenant de la Clusaz!

La montée à l'auberge de la Clusaz fut assez sportive.Plus d'un km de montagne avec sac à dos de voyage sur le dos. Arrivé à l'auberge à dix-sept heures, je rencontre deux personnes, Ed, un ado anglais complètement paumé, et Lynn, une charmante québecquoise qui est là avec son copain. Puis plusieurs personnages apparaissent qui vont composer une petite famille pendant la période d'une semaine où je resterai à l'auberge.

Il y a donc, John et Ed, les barmans. Lynn et Seb sont aidés par Chantal, la cuisinière. Michel et sa femme tiennent l'auberge. Ils ont plusieurs enfants. Arsène est à l'accueil. Il y a l'école de parapente, les élèves sont Pierre, Renan, Philippe mais il y a aussi Alda, Christophe et son jumeau. Toute cette joyeuse bande a animé l'auberge pendant le début du mois d'août. Sans oublier les jumeaux Pierre et Paul, leur soeur et leurs parents.

1er août

Malheureusement, à l'auberge, pas de jeune fille de mon âge. J'ai commencé le dimanche par une balade dans la forêt pour arriver ensuite sur un haut plateau, la plaine de Beauregard. Point de vue sur les massifs environnants. Vision panoramique. Dans la soirée je discute avec Seb, le copain de Lynn, la jeune québecquoise. Il me raconte sa passion pour la montagne, les balades qu'il fait. Il aimerait faire de l'escalade sur des via ferrata. Il est intrépide sans être pour autant inconscient. Il n'hésite pas à découvrir des chemins mais seulement en moyenne montagne.

2 août

Je suis Lynn et Seb pour une balade au-delà du col des Aravis. Ascencion difficile récompensée par un panorama magnifique. Seul le Mont-Blanc manque au programme car il est caché par un massif rocheux. Lynn et Seb sont calmes, plutôt silencieux. Ils profitent de la montagne. Arrivée par le crêt du loup et pause au bar pour se reposer de cette belle journée. Je discute avec les parents de Pierre et Paul, originaires de la Bretagne. Je découvre une collection de magazines magnifiques sur la nature: Terre Sauvage.

3 et 4 août
 

Le piège: la randonnée de la veille m'a donné des coups de soleil parce que je voulais bronzer sans crème. Moralité: je passe deux jours à lire et à discuter au bar.

5 août
Balade au lac des Confins avec Lynn et Seb. Seb est étudiant en physique et chercheur. Il a failli passer une thèse de doctorat mais est parti au Québec sans la finir. Il a travaillé dans la recherche au Canada et m'explique qu'il a arrêté son boulot car il a découvert qu'il devait travailler pour l'armée américaine sans rien savoir de plus. Il va chercher du travail en France. Balade un peu pluvieuse mais très belle aussi et relativement sans dénivellation. On croise des chevaux magnifiques.

6 août

Départ pour Annecy. Auparavant, j'ai une discussion avec Seb sur nos lectures respectives. Il me parle de Henri Laborit, du situationnisme. Je lui parle de Philip K Dick, de mon grand-père. Autres découvertes à la Clusaz: les jeux de plateau Backgammon, Gobbelet, Quarto.

7 août

Visite d'Annecy. La veille au soir a été l'occasion d'une chorale à la basilique de la visitation. Sept cent choristes composant le choeur de France chantent des chansons du répertoire populaire ainsi que cinématographique. La vieille ville d'Annecy est malheureusement très touristique et très commerciale. Mais elle dégage une certaine atmosphère, bordée de jardins et surtout du lac et du canal: le Thiou. Visite du chateau.

La soirée fut un rêve: je rencontre une jeune fille en revenant du château. Elle s'appelle Nathalie. On décide d'aller se baigner dans le lac. Seulement, la plage étant fermée, on assiste à la fête du lac: une heure et demie de feux d'artifice. Elle est chinoise, elle parle anglais, un peu japonais et un peu français. Discussion, émerveillement, caresses, intimité, douceur, sur le bord du lac d'Annecy devant le plus beau spectacle de feux d'artifice que j'aie vu de ma vie. Soirée inoubliable. Elle s'appelait Nathalie, elle venait de Hong-Kong.

8 août

Les amours estivales étant fugitives, le petit déjeuner scellera notre rupture. Trop différents. Pas assez de points communs. Je ne puis que penser à Rousseau qui rencontra Mme de Warens à Annecy et fut inspiré par ses promenades au bord du lac. La vie étant faite de rencontres et de séparations, je vais me promener le long du lac en acceptant joyeusement la solitude. Lecture de Cocteau sous les arbres, balade dans la forêt d'Annecy, vue sur le lac, lecture de Cocteau dans la forêt. Et puis bain dans le lac d'Annecy vers dix heures du soir. Ca aussi c'est inoubliable. Des éclairs au lointain...
Discussion au bar avec Julia qui parle allemand au barman qui parle français à Paul-Eric qui parle anglais à Julia. Vive l'Europe...

9 août
 

Départ d'Annecy avec Frédéric, québecquois rencontré à l'auberge. Pour aller où? A Serres-Chevalier ou à Tignes? Ou bien à Morzine? Retrouver Frédérique à Morzine? Pourquoi pas? Non. Finalement, départ pour Chamrousse, ce qui me rapproche de la Haute-Loire où je passe la suite de mes vacances. Trajet en train d'Annecy à Grenoble. Je discute dans le train avec un couple et leur enfant handicapé mental. C'est un homme d'une trentaine d'années qui a un retard affectif et semble être un préadolescent. Il collectionne les livres sur les animaux et surtout est fasciné par les serpents. Arrivé à Chamrousse, je décide de rester là-bas quelques jours puis de rejoindre la famille car je suis assez fatigué par les trajets. Je rencontre Michael, un allemand qui exerce le métier de luthier près de la gare Saint-Lazare. Il est contre-bassiste dans un orchestre classique. Je lui parle de mon père, des livres qu'il a écrits. Michael joue en ce moment des morceaux de compositeurs russes. C'est un motard. Il est parti de Paris, a vu Orléans et veut se diriger vers le Sud. A Chamrousse, quelques personnages haut en couleur vont être sur la petite scène de l'auberge de jeunesse. Les employés, Julien, Marie-Line, Catherine, Ruth, la patronne, Nathalie, son mari, et leurs filles, un couple marseillais, leur fille et leurs deux fils, une femme de Rouen avec ses trois enfants, deux nanas qui partent au refuge de la Pra, mais aussi Marie-Joelle, Maxime, Chichi, Christophe, Mina...

10 août

Promenade au lac Achard. Baignade dans le lac en utilisant mon short comme maillot de bain. Fin de la lecture de "Ma mère" de Bataille. A Chamrousse, je commence à dévorer les livres de la bibliothèque de l'auberge de jeunesse, Schnitzler, Eluard, Descartes, Vian. Je n'aurai pas l'occasion de lire une thèse sur l'histoire des auberges de jeunesse de 1929 à 1945. Retour du lac Achard sous un beau soleil. Cuisine: raclette, fondue, bons plats.

11 août

La brume enveloppe le village. Pas de promenade par ce temps. L'auberge est isolée dans un brouillard de givre fantomatique. Relié au monde par la télévision, je regarde "l'auberge espagnole" avec une espagnole en lisant Eluard.

12 août

Promenade magnifique à la Croix de Chamrousse. J'aperçois des glaciers et des pics enneigés. Mais aussi Grenoble et toute sa vallée. Vision panoramique et grandiose. Au cadran solaire: onze heures. A ma montre: une heure. Un gamin explique à sa mère en parlant du cadran solaire que c'est ça qui fait le vent. Descente et plongée dans le lac Robert. L'eau est délicieuse et la piscine est privée. Seuls trois ou quatre anglais se baignent avec moi. Lecture de Descartes en me séchant au. Soleil.

13 août 


Promenade charmante sur le plateau de l'Arselle, où se déroulent des cours d'équitation. Lecture d'un roman de Schnitzler.

14 août 


Le départ pour la Haute-Loire. Après avoir regardé "Tenue de Soirée" de Blier. Très noir, si noir... Car de Chamrousse à Grenoble puis train de Grenoble à Lyon dans lequel je continue mon journal. Car de Lyon à Saint-Etienne. Dans le car un ancien joueur de foot fanfaronne. Car de Saint-Etienne à Craponne-sur-Arzon. Une bonne soupe m'attend à l'hôtel Valentin d'Antreuil.
 

Impressions sur Londres

Voyage de quatre jours dans la capitale anglo-saxonne

14 juillet:

la City 


Arrivée à la gare de Waterloo dans la matinée Traversée du pont de Waterloo Bridge. On ressent déjà l'activité effervescente de la ville en parcourant le Strand et Fleet Street en bus. De nombreux magasins, des pubs, une foule bigarrée. Arrivée à la cathédrale Saint-Paul, la plus grande église de Londres. Elle fut reconstruite par l'architecte Christopher Wren après l'incendie de 1666 qui a détruit une bonne partie de la ville. Elle abrite la sépulture de Churchill, celle de Turner ainsi que celle de Christopher Wren. L'intérieur est impressionnant. Petite pause dans le jardin cotoyant la cathédrale puis nous repartons vers la Tour de Londres. C'est une forteresse impressionnante que nous n'avons pas l'occasion de visiter. Elle abrite un musée relatant les tortures qui étaient infligées dans les prisons. Nous montons sur le Tower Bridge, un pont qui possède deux tours gothiques. A l'intérieur tout est détaillé, la construction du pont, le mécanisme d'ouverture permettant aux bateaux de passer. Très belle vue de la capitale à travers les fenêtres de la passerelle. On aperçoit le Monument dédié à l'incendie de 1666, le quartier de Greenwich. Ensuite nous nous dirigeons vers l'auberge de jeunesse et déjeunons dans un parc qui se situe à côté. Puis nous repartons en direction de Westminster. La Maison du Parlement et la Clocktower sont les symboles de Londres avec le Tower Bridge. Nous parcourons les rues en direction de Picadilly Circus et de Soho. Nous passons à côté de Whitehall puis sur la fameuse place de Trafalgar Square. A Picadilly nous reconnaissons le Regent Palace Hotel où nous avons déjà séjourné. Puis nous découvrons les petites rues de Soho, quartier hétéroclite où l'on peut trouver des magasins de livres , des supermarchés, des boutiques de thé, des sex-shops, des cafés, des pubs. Dans une boutique de thé, possibilité de créer sa propre boisson à partir de multiples thés différents et de multiples parfums. Dans un magasin de livres, découverte d'un volume consacré aux Monty Python, les fameux comiques anglais. Une collection de photos détaille leur parcours. Nous nous dirigeons ensuite sur Oxford Street qui est une grande rue commerçante abritant d'immenses supermarchés dont le fameux Marks et Spencer. Immense rayon de nourriture, de vêtements, souvent de qualité. Puis nous arrivons sur Hyde Park. Repos à l'ombre d'un arbre, des anglais sont encore en train de faire un pique-nique. Il est cinq heures, on peut observer un écureuil qui fait son repas. Retour à l'auberge de jeunesse, échange de points de vue sur la ville de Londres avec deux français et trois danois.

15 juillet:

Kew Gardens 


Départ pour le domaine de Kew. Le but est de visiter l'immense parc de Kew Gardens qui se situe à l'Ouest de la City. Durée du trajet: à peu près une demi-heure de Westminster. Dès l'entrée dans le parc, c'est l'enchantement. Un bassin immense, une serre abritant des plantes tropicales par dizaines, un aquarium au sous-sol, des hippocampes, des poissons assez divers. On peut monter sur une passerelle pour apercevoir la serre du dessus. Puis on peut se prélasser sur une immense pelouse. Le gros défaut est le fait que les avions au départ de l'aéroport de Heathrow passent au dessus de notre tête toutes les minutes. Ensuite c'est au tour de la serre tempérée qui abrite un nombre encore plus grand de plantes ainsi que des bassins à poissons. Puis nous nous dirigeons vers la pagode chinoise que l'on ne peut pas visiter.
 

Le temple japonais est une porte qui est la réplique d'une porte se situant à Kyôto. Il a été créé pour l'exposition Londres-Japon de 1910 puis restauré dans les années 90. L'original datant du XVIe siècle, le jardin qui le borde est du style Momoyama du XVIe siècle: lanternes en pierre, petites allées, fontaine et surtout un Haïku écrit sur une pierre. Plus loin, un bassin de nénuphars que Monet aurait apprécié, des paons, des poules d'eau. Puis un chemin nous mène vers le cottage de la Reine Mary, une petite maison perdue dans le parc. Le lac est très sympathique, il abrite des familles de canards, de cygnes, de poules d'eau. Aux abords, des magnolias et autres plantes diverses. L'une des espèces de magnolias récentes est le magnolia "Star Wars". Retour à la gare de Kew puis à Londres. Fin d'après-midi dans un pub de Londres, le Shakespeare, près de Victoria Station. Bières: bière anglaise et Guiness, bière irlandaise, ainsi qu'une bière-vodka. Ensuite nous remontons la Buckingham Palace Road. Nous apercevons les écuries royales puis nous pouvons apprécier la façade de Buckingham Palace et le monument à la reine Victoria. Après une promenade dans Green Park et une autre dans Saint-James's Park, nous remontons la plus belle allée londonienne: le Mall. Arrivés à Trafalgar Square, nous repartons pour l'auberge de jeunesse.

16 juillet:

Windsor

Départ dans la matinée pour le château de Windsor. C'est la résidence secondaire de la Reine. Elle est bordée par la Tamise. Statue de la Reine Victoria en face du château. La partie la plus ancienne du château est la "Round Tower" qui est un donjon majestueux. On ne peut pas le visiter. On visite par contre les appartements royaux qui sont réservés aux invités de marque du château. Collections d'objets précieux originaires de l'Inde, de Chine et autres pays du monde, collections immenses d'armes, d'armures, souvenirs de Napoléon, salles somptueuses. On visite ensuite la chapelle Saint-Georges qui abrite l'ordre de la Jarretière ainsi que les sépultures de dirigeants anglais. Style gothique perpendiculaire. Après la visite du château, nous parcourons un peu les rues de Windsor puis rentrons à Londres. Nous longeons la Victoria Street. Architecture moderne et architecture ancienne se cotoient. Im-pressionnant: la cathédrale de Westminster. Dans une cour d'immeuble, une charmante fontaine. Puis nous découvrons l'Abbaye de Westminster que nous ne pouvons malheureusement pas visiter. Retour à l'auberge de jeunesse.

17 juillet

Trajet en bateau sur la Tamise. Nous apercevons le London Eye, le National Theatre, le Ministère de la Défense, l'Embankment, le London Bridge, le HMS Belfast, le Tower Bridge... L'accent anglais parlé lors de l'aller au Tower Bridge est incompréhensible mais la personne qui fait le commentaire lors du retour à Westminster est beaucoup plus compréhensible. Ensuite nous mangeons sur une petite place de Picadilly puis nous visitons Little Venice qui est un petit canal au Nord-Ouest de la City. Il rappelle certes Venise mais plutôt les canaux d'Amsterdam. Exposition de tableaux dans une péniche le long du canal. Puis direction Baker Street. Devant le métro, une grande statue de Sherlock Holmes. Au musée Sherlock Holmes, tout y est en détails pour tous les touristes du monde. Les livres, les films, les objets, les pipes, les verres. Même le policier de Scotland Yard. Rodolphe se fait photographier avec lui. Il tient la pipe de Sherlock Holmes et porte son chapeau. Ensuite retour vers Waterloo Station puis embarquement en direction de Paris.
 

Stage de restauration et sculpture à Coucy-le-Château

19 juillet:

arrivée à Coucy-le-château Le train pour Coucy traversant la Picardie longe de grandes forêts. C'est une région que je ne connaissais pas du tout. Elle est très sauvage. Découverte de la vieille ville fortifiée de Coucy par la porte de Laon. Arrivée à l'association AMVCC (mise en valeur de Coucy-le-Château). Deux chantiers sont en route pour la fin du mois de juillet: un chantier de taille de pierre et un chantier de sculpture. En tout nous sommes à peu près trente personnes. En sculpture: Pierre-Alain, Etienne, Marion, Yohann, Themis, Julie, Emeline, Catherine, Alice, Anne-Sophie, Louise... En taille de pierre: Elie, Eve, Pierre, Cynthia, Yossif, Sarah, Philippe, Matthieu,Charles et surtout Benoît. Benoît est le maçon, Pierre-Main et Etienne sont les sculpteurs. Elodie fait la cuisine le midi. Helene s'occupe de l'administration. Pierre-Alain et Philippe s'occupent du bar. Ce sont les bénévoles qui font à manger le soir.

20 au 24 juillet:

Création personnelle au stage de sculpture. Pour ma part je fais un modelage en terre d'une statue grecque. Les autres modelages réalisés sont: une couronne de fleurs, une tête égyptienne, une main, un lion,... Le modelage en terre se prépare tout d'abord en créant une armature en bois et fil de fer, avec des papillons, petites croix pour maintenir la terre en place. Puis le modelage est réalisé, d'abord grossièrement puis de plus en plus précisément. Quand on commence le visage, on fait principalement du dessin en trois dimensions. Une fois le modelage terminé, on peut prendre une photo car il va être détruit par la suite. Puis commence le moulage. A l'aide de bandes de terre, on délimite le modelage puis on gâche du plâtre; c'est l'action de préparer une solution de plâtre et d'eau. Au bout de cinq à dix minutes, le plâtre est solide donc il faut l'utiliser rapidement. On commence par une première couche en couleurs. Puis une deuxième couche blanche avec une armature métallique. On laisse sécher le tout puis on retire la terre. On nettoie l'intérieur du moule avec du savon. On remplit le moule de plâtre. Après avoir attendu, on peut commencer à casser le moule. Lorsqu'on arrive à la couche en couleurs, il faut faire attention. On peut retoucher les éclats. La sculpture est prête.

25 juillet

Visite de la ville de Laon Nous sommes cinq: Philippe, Pierre, Yossif, Eve et moi-même. Laon est perchée sur une colline. Nous arrivons vers la cathédrale. Visite de la cathédrale. Elle est immense: plus de cinq tours. Mais elle est en assez mauvais état: voûtes fissurées, nombreux graffitis... Sortis de la cathédrale, nous faisons un tour de la ville: vue sur la région, sur la campagne, places, tours médiévales, chemins en pente, petits passages entre les rues. Laon a de nombreux charmes. Le palais épiscopal qui borde la cathédrale est intéressant.

Fête médiévale-le château de Coucy Visite du château lors de la fête "Coucy à la merveille" Au bout de la ville fortifiée se trouve la porte de la basse-cour du château . Dans l'enceinte, des personnages du Moyen-Age font leur théâtre: adoubement, soldats en armure buvant de la vinasse, aveugle parcourant les chemins, équilibriste sur une corde en flammes, combat de mercenaires... Puis c'est l'entrée du château. Dans la salle des preux, un grand banquet est donné en l'honneur du roi. Puis la pièce commence. Elle retrace l'histoire de la famille de Coucy: le seigneur Enguerrand, sa femme manipulatrice, son fils fougueux. Grandeur et décadence dans la région, guerres, apocalypse, rédemption...

27 juillet-
 

Visite de la région-Reims 

La carrière de pierre de Mr Mascitti Dans un hangar, des blocs de pierre sont découpés en morceaux par une scie de plus de 1m de diamètre. Au flanc d'une colline, une ouverture immense. Nous suivons Mascitti dans la carrière. Dix minutes de marche pour arriver au fond, là où des blocs de pierre sont extraits du mur par des engins électriques et hydrauliques. On coupe d'abord horizontalement puis verticalement et enfin dans le plan du mur en cassant à l'aide d'air comprimé. Mais la carrière, ouverte depuis 1950, ne fonctionnait pas comme ça à l'époque. Les ouvriers taillaient la pierre avec le bout d'une tige en métal accrochée à des bouts de bois... Derrière une porte, une salle à manger avec des tables, des chaises, un bar et des peintures au mur représentant les ouvriers de l'époque. Dans la salle, on peut voir les insignes des tailleurs de pierre, qu'ils utilisaient pour se faire payer. Il y a une reproduction de la bouche de la vérité, des défenses de mammouth... Dans un autre hangar se trouve le socle de la statue d'Alexandre Dumas. Il était utilisé comme bar dans la carrière! Il y a cent ans, on a fondu la statue pour la guerre. L'original est parti aux Etats-Unis. La statue va être remise sur pied dans quelques temps.

Le donjon de Vez C'est un donjon massif dans lequel ont lieu des expositions de sculpture. Le donjon de Septmonts C'est ce qu'il reste d'un château en ruines en cours de restauration. Il y a des concerts dans le parc une fois par an. Victor Hugo voulut acheter la propriété. Il y a quelques années, un jardin botanique a été créé dans le parc.

La ville de Reims

La cathédrale est magnifique. Elle est la dernière d'une série de trois ou quatre cathédrales différentes créées depuis Clovis. Il a été baptisé au centre de la première. Sur la façade, les rois de France sont représentés autour de Clovis, Clotilde et l'évêque qui l'a baptisé. Reims a été massivement détruite pendant la première guerre mondiale. La cathédrale a brûlé en partie puis elle a été restaurée. Elle est encore en cours de restauration. Les statues originales se situent dans le palais du Tau qui borde la cathédrale, tout comme une collection d'objets concernant les sacres des rois. Dans la cathédrale, une collection de vitraux impressionnante: l'ancien testament, le nouveau testament, l'arbre de Jessé, l'histoire de France... Au fond, trois vitraux sont assez particuliers: ils ont été créés par Chagall qui a construit de nombreux vitraux à Reims. Ils ont été envoyés dans des églises du monde entier.

28 au 30 juillet

Restauration du tympan de la porte du château de Coucy. Le donjon de Coucy était le plus gros donjon d'Europe. Il a été détruit par les Allemands en 1917. Le tympan représentait un homme se battant contre un lion car la légende veut que le seigneur de Coucy ait rencontré un lion dans la forêt. Il ne restait qu'une partie de la pierre ainsi que de multiples photos de l'originale. Le tympan a donc été recréé en plâtre puis partiellement restauré. Nous avons travaillé sur la partie extérieure, c'est-à-dire les crochets. Pour cela, des photos ont été prises des crochets de la cathédrale de Soissons. Pour chaque crochet, la méthode utilisée est exactement la même que pour les sculptures personnelles, à ceci près que l'on devait séparer le modelage en deux parties avec une bande de terre pour pouvoir vider le moule puis le remplir.

Moulage sur le corps humain Le plâtre n'est pas dangereux pour la peau à condition qu'elle puisse encore respirer. Nous avons moulé un dos, une main, un bras et une bouche. Le résultat est surprenant, on aperçoit les pores de la peau, les nervures des lèvres. Aucune personne ni aucun animal n'a été torturé. Autres moulages: une tête de poisson et un moulage en élastomère d'une statue de singe.
 

Le 31 juillet: 

Visite de Villers-Cotterêts Le site le plus impressionnant est le château de François ler. Promenade fraîche et agréable dans le jardin du château. La perspective est de Lenôtre. On imagine Alexandre Dumas se promener dans le jardin, la forêt. Malheureusement, le château a été massacré par des vandales il y a dix ans. Donc la façade sur le jardin est abimée. Le château a servi de logis pour les nécessiteux après la Révolution. Puis il a servi de maison de retraite pour les personnes âgées assez pauvres pendant tout le XIXe siècle. Une partie s'est effondrée au XIXe siècle, elle a été remplacée par une maison utilisée par les blanchisseuses. La façade sur la rue est ornée par le bâtiment de Henri II, magnifique. Le plus impressionnant reste les escaliers tous ornés de sculptures représentant des scènes de la mythologie grecque. C'est unique au monde. Après la visite du château ainsi que du parc, on peut profiter de la forêt de Retz qui offre des promenades sympathiques. Sur la place du village se situera bientôt la nouvelle statue d'Alexandre Dumas. En effet, c'est dans cette ville qu'il est né, dans une petite maison que l'on aperçoit en venant de la gare. Un soldat, le général Dumas, y a rencontré une jeune femme métisse. De leur liaison est né le futur écrivain. Lui-même a eu un fils, Alexandre Dumas, qui a écrit "la Dame aux Camélias". Les trois générations se sont succédé à Villers-Cotterêts. Alexandre Dumas C'est le fils du général Dumas. Il passait une période entière à écrire puis une période entière à voyager. Mais il revenait toujours à Villers-Cotterêts. Il y a été enterré. Puis transféré au Panthéon pour son bicentenaire en 2002. Il a écrit les plus longs romans de la littérature française. Les Trois mousquetaires, Vingt ans après, Le Comte de Monte-Cristo, le Vicomte de Bragelone... Des centaines et des centaines de pages, d'épopées, de voyages, d'aventures, de duels extraordinaires, de scènes délirantes et de parcours hallucinants. Tout cela est venu de ce petit garçon, fils d'un militaire et d'une blanchisseuse de Villers-Cotterêts. Il se promenait dans la forêt de Retz, repensait à son glorieux papa ainsi qu'aux mousquetaires du roi. Puis il écrivait. Et puis il partait. Parcourait le monde. Buvait, fumait, mangeait, baisait, marchait, roulait, courait. Et puis il revenait et il écrivait. Il était quarteron. Sa mère était métisse. Maintenant on va voir le musée Alexandre Dumas, la maison de naissance d'Alexandre Dumas, la statue d'Alexandre Dumas, la rue Alexandre Dumas. Des dizaines de films ont adapté ses oeuvres. Ses livres sont traduits dans le monde entier. C'est un grand auteur français, un grand homme. Aux grands écrivains la patrie reconnaissante. Aux gros hommes, aux mangeurs, aux buveurs, aux fumeurs, aux baiseurs, aux voyageurs, aux rêveurs. Mais son fils, lui, il a écrit quoi? La dame aux camélias. Et à part ça? C'est tout? Presque? Ne pas se décourager...

Impressions sur Toulouse

Arrivée à la gare de Matabiau le dimanche en fin de journée. Après un périple dans le métro pour trouver une carte d'abonnement, direction Capitole.

Arrivée à la place du Capitole La petite place verdoyante derrière la mairie est d'un calme et d'un charme troublants (surtout par rapport au quartier Jolimont dans lequel se trouve ma résidence). Une fontaine, des étudiants et quelques clochards qui se détendent au milieu des arbres. Il semble y avoir un équilibre entre nature verdoyante et technologie du métro récent de Toulouse.

Promenade dans les rues souvent piétonnes de la vieille ville. L'ensemble composé par le lycée Fermat et l'église des Jacobins donne une impression de tranquillité et d'équilibre architectural autant que de respect du patrimoine.Un clochard me regarde entrer dans l'église. A l'intérieur, la hauteur est impressionnante, la lumière perce les vitraux modernes de cette merveille d'architecture. Je me dirige alors vers le port sur la Garonne. Une petite plage avec une buvette en contrebas et des joueurs de guitare; c'est le port de la Daurade avec au et non o. Sur le côté, une petite promenade le long du fleuve a été réaménagée il y a peu de temps On nous précise quand même qu'au dix-neuvième siècle, on entassait les cadavres des noyés sous l'escalier du port, petit détail croustillant.

Le Pont-Neuf est le plus ancien pont de Toulouse (ça me fait penser à une autre ville). Ses sept arches surplombant la Garonne garantissent son équilibre. Pourquoi sept? Parce que le fleuve est courbé et fait un coude juste à cet endroit. Assez proche, le Pont Saint-Pierre est un pont en métal plus récent.

Passé le Pont-Neuf, voici le quartier Saint-Cyprien, sûrement très vivant mais quand même moins charmant que l'autre berge car moins traditionnel. Mais allez donc faire une promenade le long de la prairie des filtres. C'est une longue promenade sur l'herbe qui était détachée de la ville et constituait une île il n'y a pas si longtemps. Des brebis y paissaient jadis mais l'espace réaménagé permet au promeneur du soir de s'approcher du fleuve de façon plus intime.

L'Hôtel-Dieu dans le quartier Saint-Cyprien se trouve à côté d'un autre grand hôpital de Toulouse. Dans la cour de l'Hôtel-Dieu, un joli petit jardin à la française environné de bancs de pierre. Le gardien me permet de me promener dans le jardin. Les bancs ont emmagasiné la chaleur de la journée.

L'Hôtel d'Assezat se trouve près du Pont-Neuf sur l'autre rive et est actuellement utilisé pour des cours d'initiation artistique aux enfants. Il se trouve à quelques pas de l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse. La cour de l'hôtel est impressionnante.

La promenade du grand rond, agrémentée de photos du début du siècle, vaut le coup d'oeil. A l'entrée, je suis arrêté par deux bêtes féroces. Vais-je y laisser ma peau? Non ce ne sont que deux statues, une louve et ses louveteaux, une chienne et ses chiots. Au centre du grand rond, un concert se prépare. Un passage a été aménagé entre le rond et le Jardin des Plantes mitoyen, au dessus des voitures.

Le Jardin des Plantes.

Pas celui de Paris. Il a quand même un certain charme; au détour de magnifiques arbres du bout du monde, un vestige romain. Une buvette où des enafnts s'amusent, Un étang où des canards batifolent. Une colonie de canards, des pigeons, des oies. 


L'Eglise Saint-Pierre, proche du port de la Daurade, et située au bout du Pont Saint-Pierre fut le lieu de fouilles archéologiques. C'est un ensemble de vestiges romains qui ont été mis en évidence. Ca fait rêver si on suppose que Toulouse est bâti sur une ville romaine entière. L'église est utilisée depuis soixante-dix-sept par la mairie et l'Université pour des concerts et des spectacles artistiques et a été entièrement réaménagée à cet effet. C'est une des plus belles salles de concert que je connaisse. Il s'y déroulait un spectacle de danse contemporaine organisé par le conservatoire des arts dramatiques pour ses élèves de l'école primaire. Leur travail était impressionnant. Une quinzaine de filles travaillant sur le même enchaînement, une variation imposée. Chaque mouvement était imposé, appris par coeur et pourtant aucune ne faisait la même chose et sur un même mouvement, chaque interprétation était personnelle. Chaque instant de danse renvoyait à un instant de leur enfance.

Le cassoulet est incontournable quand on va dans le Sud-Ouest. Surtout quand une jolie serveuse vous l'apporte sur un plateau. Une bonne cuisse de poulet, une saucisse et des haricots en sauce. Une bonne balade pour bien digérer.
 

Musée d'art moderne des abbatoirs de la ville de Toulouse

Le musée d'art moderne de la ville de Toulouse est installé dans un bâtiment qui tenait lieu d'abbatoir. C'est un grand bâtiment en face duquel se trouve une sorte d'arène transformée en café du musée.

Collection de tableaux
 

Emilio Vedova: lettera aperta Toile carrée multicolore, couleurs primaires, dessin d'enfant, ratures, gros traits de peinture noire un peu un Basquiat dans l'âme, l'âge où on s'intéresse aux dinosaures et où on fait des pâtés de sable. Soulages: peinture Cette toile me paraît très négative et pessimiste. Traits rectilignes, perpendiculaires et de côté, géométriques, rouge violent. La guerre, une force de destruction? Deux autres toiles sont des monochromes noirs. Aucune imagination.
Fontana: Concetto spatiale Toile orange barrée de coupes noires qui semblent être faites avec des ciseaux ou des griffes, peut-être un animal a-t-il déchiré la toile? Ca évoque les plis d'un rideau.
Giuseppe Galo: Tu Ensemble de deux toiles rouges rectangulaires liées par une fermeture type liaison de deux pièces de pii771e. Ca paraît être une porte, la porte d'un placard peut-être, derrière lequel se trouveraient d'autres toiles ou bien des machines, des animaux de grande taille.
Arcangelo: nell'animo mio Toile noire et blanche frottée au pinceau ou au feutre. On peut vaguement voir une forêt, un arbre immense à droite (champignon atomique?), une sorte de poire sur la gauche, un petit ovni au centre en haut et des sortes de griffes en bas à gauche. Un tronc d'arbre dont on ne voit pas le bout se situe au centre. En bas à droite, il est difficile d'apercevoir un petit bateau.
Domenico Bianchi: sans titre Une figure ésotérique évoquant une poire ou bien une flamme ou une femme en robe qui danse. L'ensemble est jaune pâle. Morceaux de croix éparpillés...
Philippe Lamy: voyage au pays des monts et des fleuves Une courbe biscornue sur un fond blanc. Dans le deuxième essai, un trait rouge en bas. Un chemin dans le désert vu de haut (le fleuve?). Ou bien la courbe d'une montagne au soleil couchant?
Olivier Debré: suite Garonne Une toile blanche avec des filets de couleur sur le côté, un rideau ou bien un vêtement plissé, une étoffe de femme ou un voile qui vole au vent. Deux autres, colorés en vert, en orange, font penser_ à un écran de télévision, à un rideau, au désert vu de haut. Un quatrième, plus large, semble être une plage ou une vue aérienne de l'océan avec des poissons, des volcans.
Monique Frydmann: les dames de nage monochrome noir: des silhouettes (inspirées par le titre) se détachent, deux femmes courant l'une après l'autre.
Kazuo Shiraga: Genten Toile en noir et blanc; toile blanche et gros amas de peinture noire au centre, développé comme dans un mouvement chaotique évoquant une trajectoire intersidérale, complètement délirante, d'objets massifs allant les uns sur les autres.
Meiô Un amas de restes de nourriture ou de matière fécale sur fond blanc, dominantes marron, gris, noir. On peut penser à un cheval monté par une femme et une girafe à côté.
Peinture n°29 Bleu, rouge et noir sur fond blanc. Une porte rouge de laquelle s'échappe un chat rouge.
Sam Francis: sans titre Des taches de peinture de couleur sur toile blanche évoquent la silhouette d'une enfant agenouillée, contemplant un escargot.
George Matthieu: trois toiles Ecritures mystérieuses sur fond rouge ou noir.
Camille Bryen: tête bêche peinture grise grattée, toile séparée en deux, un miroir se situerait au milieu. Mais l'image n'est pas fidèle à l'objet. Une sorte de montagne se situe au niveau du miroir.
Gerald Thupinier: sans titre Une croix grise sur fond gris avec des inscriptions plus ou moins subliminales. "Je veux partir d'un moment quelconque, n'être plus autre chose que pure adhésion." autoportrait n°1 Toile blanche sur laquelle se détache le mot "autoportrait" en morceaux.
José Maria Sicilia Deux bandes blanches avec rectangles rouges Mimmo Paladino: la Suisse... 


Exposition temporaire
 

L'exposition actuelle présente les oeuvres d'un coréen qui fait des variations sur les images présentes dans les médias pour mieux les tourner en dérision. Pourquoi un homme qui apprend à son fils à tirer au revolver? Pourquoi une femme qui, sortie d'un cancer du sein, a réussi à se reconstruire par la boxe? Pourquoi Bush qui fait des abdos ou la couverture du Times servant de tapis? Parce que cet artiste choisit des images qui l'ont marqué et décide de les réinterpréter par la sculpture, dégagées de leur contexte d'origine. Le résultat est assez bluffant, voguant vers un absurde moderne, ancré dans le présent.

Le Musée des Augustins

C'est le musée des beaux-arts de la ville de Toulouse, installé dans un ancient couvent. La cour intérieure entourée d'arcades fait passer un paisible moment au soleil. On peut d'ailleurs y découvrir fruits, légumes et plantes diverses. La chapelle du couvent contient de multiples oeuvres dont d'immenses tableaux et un bas-relief sculpté. Plus loin, la sacristie expose de multiples sculptures du Moyen-Age et on peut poursuivre la visite par une collection d'épigraphes sculptés au sous-sol. Le plus intéressant est la collection de tableaux dans le corps du musée et les diverses sculptures qui les précèdent. A regarder en détail. Des Toulouse-Lautrec, des illustrations bibliques, des statues de personnages mythologiques, de femmes plantureuses sortant du bain, ou bien en plein cauchemar. Tout cela fait rêver.

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